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Australie : polémique sur un plan migratoire restrictif dévoilé par les Libéraux

Australie envisage une interdiction migratoire ciblée, suscitant des inquiétudes et des remises en question

CANBERRA, Australie – Une proposition de politique migratoire controversée, élaborée sous l’ancien leadership du Parti libéral australien, visant à interdire l’entrée de migrants en provenance de régions spécifiques de 13 pays, a suscité des inquiétudes et des remises en question quant à sa faisabilité et à ses implications. La fuite de ce plan, révélée par The Guardian Australia, intervient après le remplacement de Sussan Ley par Angus Taylor à la tête du parti, ajoutant une couche de complexité à la situation.

Le projet de loi, conçu avant la défaite de Ley lors du vote de leadership vendredi dernier, cible des zones où des organisations terroristes inscrites sur liste noire exercent un contrôle territorial. Les régions concernées se situent en Afghanistan, Algérie, Cameroun, Égypte, Liban, Libye, Mali, Niger, Nigéria, Palestine (notamment Gaza), Philippines, Somalie et Yémen.

Sussan Ley, alors ministre de l’Immigration de l’ombre, avait prévu de dévoiler cette politique en décembre, mais la publication a été reportée suite à l’attaque terroriste de Bondi. Elle envisageait de la présenter le 16 février, en mettant la pression sur le gouvernement actuel, avant d’être évincée par Taylor.

Le nouveau chef de l’opposition, Angus Taylor, a déclaré ne pas avoir connaissance de ce plan, affirmant qu’il n’avait jamais été présenté au cabinet fantôme et qu’il n’avait donc aucune validité. “Franchement, je ne sais pas ce qu’est ce document. Je ne sais pas d’où il vient, et je ne sais pas ce qu’il contient”, a-t-il déclaré à la chaîne ABC.

Cependant, l’ancien ministre de l’Immigration de l’ombre, Scarr, a exprimé de “sérieuses préoccupations” quant à une interdiction de ce type, soulignant qu’il n’avait jamais proposé ni approuvé une telle politique. Il avait déjà soulevé des objections internes lors des premières discussions à ce sujet.

Au-delà de l’interdiction migratoire, le plan libéral visait également à accélérer le départ de jusqu’à 100 000 demandeurs d’asile et étudiants internationaux, en restreignant leurs droits d’appel et en limitant leur accès à d’autres types de visas. Il prévoyait également un examen rigoureux des publications sur les réseaux sociaux et des déclarations publiques des candidats potentiels, afin d’identifier les personnes ayant des opinions extrémistes.

Le gouvernement australien n’a pas encore officiellement réagi à ces révélations. Cependant, la proposition a déjà suscité des critiques de la part de groupes de défense des droits de l’homme et d’organisations communautaires, qui la qualifient de discriminatoire et contraire aux obligations internationales de l’Australie en matière de protection des réfugiés.

Selon les données du gouvernement australien, au 31 janvier, 50 686 appels avaient été déposés auprès du tribunal administratif de l’immigration (ART) concernant des décisions de refus ou d’annulation de visas étudiants. De plus, plus de 48 000 demandeurs d’asile rejetés avaient fait appel des décisions de refus de visa auprès du même tribunal.

Le débat sur l’immigration en Australie est particulièrement sensible, compte tenu de la complexité des enjeux liés à la sécurité nationale, à l’intégration sociale et à la contribution économique des migrants. Le gouvernement actuel a déjà réduit le programme d’immigration permanent à 185 000 places pour l’exercice 2025-2026, et la migration nette devrait atteindre 260 000 personnes au cours de la même période, marquant une baisse significative par rapport aux niveaux post-COVID.

Taylor a déclaré que la politique migratoire serait élaborée avec son nouveau cabinet fantôme, et a souligné la nécessité de s’assurer que les personnes entrant en Australie ne menacent pas le mode de vie australien et ne sont pas porteuses de violence. Il a également évoqué la possibilité de renforcer les pouvoirs de refus et d’annulation de visa en cas de diffusion de discours haineux, conformément aux récentes modifications de la loi sur la migration.

Vidéo intégrée : https://www.youtube.com/watch?v=KgdJHtWAjuQIs Angus Taylor enough to stop One Nation? | Back to Back Barries (The Guardian)

L’avenir de cette proposition reste incertain, mais elle met en lumière les tensions croissantes au sein du Parti libéral sur la question de l’immigration et la pression pour adopter une ligne plus dure face à la montée du populisme et des préoccupations en matière de sécurité.

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