Audi A6 V6 TDi: Des performances élancées mais adoucies

Les lignes, très aristocratiques, sont élégantes, équilibrées, très élégantes. Cette intemporalité du bon goût nous remplit. Sans céder au bling-bling de Mercedes. La huitième génération de l'A6 (depuis le 100 de 1968) n'est en effet pas destinée, comme certains concurrents, à séduire des voyous bruyants, bravo. Mais, comme chez BMW, un œil non averti sera incapable de distinguer une génération d’une autre. Les volumes et les formes sont proches.

Cette très longue berline (près de 5 mètres) se caractérise juste par une calandre un peu plus agressive et géométrique. Nous regrettons toujours des fioritures mal placées, telles que le bas du pare-chocs arrière, qui semble cacher de grandes sorties d'échappement. Ce qui n'est pas le cas ! Une (petite) concession à la vulgarité de la pièce. Pour repérer un A6 de 2018 par rapport à un A4 ou un A8, il faut également libérer son compteur. L'A6 ne ressemble pas seulement à ces prédécesseurs, mais aussi à ses soeurs!

Plein de virtuel, un peu trop

Si les lignes classiques restent, le cockpit est plus révolutionnaire. Il est plein d'écrans à la mode. Il n'entre pas moins dans un univers Audi familier, avec une qualité de matériaux extrême et réconfortante en tant que réglages. La finition de la marque à quatre anneaux dépasse (peu) celle de BMW et laisse derrière elle Mercedes, Jaguar ou encore Volvo qui a néanmoins fait d'énormes progrès. Mais, malgré une présentation qui n'enlève rien à celle de la précédente Audi, la firme d’Ingolstadt a mis au fond ici sur le virtuel. Avec deux écrans centraux, dont un (en bas) réservé à la climatisation.

Celui du haut nécessite d'entrer dans les menus, sous-menus. C’est complexe, pas forcément évident. Mais heureusement, l'écran tactile est plutôt fonctionnel par rapport à la complication ésotérique qui prévaut chez Mercedes ou Lexus. Cela dit, les boutons clairs et clairs peuvent réagir intuitivement beaucoup plus rapidement. Le débordement d’équipements superflus obstrue ici les menus et sous-menus. Nous facturons au client un arsenal technologique caricatural qui n’a pas toujours une grande utilité. C'est ce qu'on appelle la société de consommation. Swagger moderne, dans un sens.

En tout cas, cette limousine est accueillante, facilement accessible et habitable. Il y a clairement plus d'espace pour les jambes que chez Mercedes (Classe E) ou BMW (Série 5). Les sièges multifonctions aident à trouver la bonne position. Mais l'accoudoir central est trop loin en arrière. Un autre inconvénient: le manque de support pour les fichiers tournants. Le corps glisse sur le cuir …

Les quatre roues tournent, et alors?

L’A6 peut désormais être équipé de la direction à quatre roues, comme chez Renault: à moins de 60 km / h, les roues arrière tournent dans le sens opposé à celui de l’avant jusqu’à 5 degrés; ci-dessus, ils vont dans la même direction. Cela permet de réduire légèrement le diamètre de braquage et de rendre cette berline volumineuse plus maniable lors des manœuvres. Cela devient aussi une courbe un peu plus agile. La direction est plus fine que sur un Renault Talisman. Mais nous n'avons pas été totalement convaincus. La voiture tourne bien. Mais cela déconcerte un conducteur un peu expérimenté, car le véhicule ne cadre pas exactement dans le chemin que nous imaginons à priori. Cela dérange et nécessite parfois de petites corrections.

Sinon, le véhicule se tient remarquablement bien. Avec une très grande marge de sécurité, en ligne droite comme en courbe. Il faut encore faire face à une encombrante sur une petite route et à un poids conséquent, proche de 1,9 tonne avec tout le matériel. Notez que notre version test avait quatre roues motrices, pénalisées certes par le bonus-malus indéniable, mais fournissait une sécurité supplémentaire appréciable par mauvais temps ou par hiver.

Le confort est soigné. Notre suspension ajustable a permis de choisir la dureté du train roulant. Problème: Notre véhicule d’essai était équipé d’énormes roues de 20 pouces avec très peu de caoutchouc (40R20). Le résultat inévitable de cette montée ridicule: une grande fragilité des trottoirs, un coût de remplacement paralysant et une nette détérioration du confort. Il est absurde de devoir compenser les pneus "tape-cul" par une suspension contrôlée coûteuse à placer sur le mode confort! Conseil: il vaut mieux faire les deux. Malgré les pneus, le limpeur d'une limousine demeure. Mais les petites dégradations et les murs, appelés ralentisseurs de vitesse, sont très secs.

Un beau moteur … adouci

Le 3.0 TDi diesel développe ici 286 chevaux est une pièce de choix. Il est associé à une excellente transmission automatique à huit vitesses. Ce moteur noble de fort déplacement est feutré, onctueux. Avec un joli son, qui n'a rien à voir avec la mécanique de la machine à laver de l'horrible trois cylindres en vogue. Nous regrettons que les fabricants français, massacrés par la fiscalité française, n'aient rien à offrir de comparable. Nous regrettons à cet égard l'ancien PSA V6 HDi – encore utilisé par … Jaguar) et le V6 dCi Renault. Les accélérations sont canon.

Après les louanges, laissez-nous détailler quelques grandes critiques. Régulé en principe pour ne pas trop consommer, ce moteur ne fournit pas l'approbation attendue. Le creux étonnant à basse vitesse explose sur un si gros moteur. Il faut appuyer fort sur la pédale pour vraiment accélérer, avec un trou gênant qui ne permet pas de doser correctement l'accélération. La mise en scène de la transmission automatique à huit vitesses est également décevante. Nous nous retrouvons trop vite sur le rapport supérieur. Être en sixième à 50 heure agace. Même en mode Sport et Dynamique. Ici aussi, nous perdons en précision. Pour un peu plus de dynamisme et de rigueur, il faut constamment jongler avec le mode manuel. Pas besoin d'avoir un aussi beau V6 TDi pour ça. Dommage ! Nous nous attendions à plus de plaisir et de finesse de conduite. Comme sur la Volkswagen Touareg testée en juillet avec le même moteur, l'amateur de belles mécaniciens restera sur sa faim. Nous rattraperons une consommation modérée: 7,7 litres. Un exploit. Mais, un quatre cylindres fera encore mieux.

Prix ​​élevés, comme d'habitude

L'offre est actuellement réduite. Paradoxe: l'A6 n'est disponible qu'en diesel, à une époque où politiciens et experts auto-proclamés vilipendaient les moteurs diesel. Il est vrai que la sanction serait en principe inacceptable. La contradiction que les leaders français adorent: le diesel est condamné pour des raisons écologiques, mais toujours favorisé par rapport à la mécanique sans plomb du bonus-malus non moins écologique! Rappelons que les grandes et inutiles roues de 20 pouces font plus que doubler la pénalité infligée à cette A6 … Parce qu'elles génèrent une plus grande consommation, donc davantage d'émissions de CO2. Quand on vous a parlé de bêtises …

La gamme A6, avec le V6 diesel obligatoire, commence à 50 300 euros pour un peu plus de 200 chevaux. Il s’appelle la version 40 TDi, selon une nouvelle nomenclature absconse totalement incompréhensible par quiconque. Notre 50 TDi atteint 286 chevaux et 68 700 euros en version luxueuse Avus, qui conserve toute la panoplie technologique disponible, que nous avons neutralisée. En mettant "hors" les gadgets les plus aléatoires et insupportables dans la vie quotidienne réelle. La version Avus Extended – encore plus équipée et gênante – coûte 79 800 euros. Disons que, avec des équipements comparables, Audi atteint les mêmes niveaux que Jaguar, BMW ou Mercedes. C’est donc très, très cher. Mais pas plus !

Technologiquement avancé, chic, luxueux, généralement confortable, rassurant, il est principalement utilisé pour tourner plus de 200 à l'heure en … Allemagne. Pour le reste, quelles que soient ses qualités, cette A6 extraordinairement élaborée et finie avec beaucoup de soin ne fait pas frémir le conducteur, qui, à la vitesse légale, s’ennuiera vite au volant. Il sera même frustré par les réglages impairs du moteur et de la transmission. Pour moitié moins, nous avons eu beaucoup plus de plaisir avec une simple pause Seat Leon Cupra il y a quelques mois!

Prix ​​du modèle d'essai: Audi A6 50 TDi Tiptronic Quattro Avus: 68 700 euros (+ 4 253 euros avec des roues de 20 pouces)

Puissance moteur: 286 chevaux (diesel)

Dimensions: 4,94 m (long) x 1,89 (large) x 1,46 (haut)

Qualités: Ligne intemporelle et chic, intérieur cossu et finitions remarquables, mécanique sobre et noble, accélérations très satisfaisantes, maniement sûr, confort …

Défauts: … sauf à basse vitesse, superposition de boîtes frustrante, quatre volants déconcertants, ergonomie complexe, équipement coûteux et inutile

Les concurrents: Mercedes E350d 286 cv Ex: 64.451 euros; Jaguar XF 3.0 Diesel 300 cv Prestige: 66.150 euros: BMW 5.30d X Drive 265 ch Luxe: 68.500 euros

Évaluation: 15 sur 20

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