"Au final, c'était encore plus criant, ce n'était rien"

Si vous ne connaissez pas encore l'histoire, la voici. C'est celle d'un couple d'acteurs, Romane Bohringer et Philippe Rebbot, qui se séparent après onze ans de vie ensemble et de deux enfants. Et au lieu de trouver chaque appartement dans la même zone géographique et de faire une garde alternative classique (deux jours, trois jours, deux jours), ils achètent un grand tableau vide pour faire une "séparation". Deux logements séparés et étanches communiquant entre eux par la chambre d’enfant.
"The Fuzzy Love", qui raconte cette histoire immobilière, montre à quel point il est difficile et agréable d’exploser les normes familiales. Cela prend de l'énergie, tout le monde a son mot à dire. Dans le film, qui mélange des scènes reconstituées, des scènes fictives et des scènes tournées en temps réel (le déménagement), on retrouve, jouant leur propre rôle, leurs enfants, leurs parents, leurs frères et sœurs.
À l'écran, c'est une émotion condensée (on veut se liquéfier dans une flaque de larmes dès la première minute). Le slow motion sur des enfants heureux avec le son de fond "The Divorced" de Michel Delpech, ça marche très bien. C’est une séparation joyeuse qui vous donne presque envie de vous séparer.

Est-ce que ça marche vraiment ou est-ce juste … du cinéma? Le "partage" est-il un non-choix qui finit par payer? Nous avons passé du temps avec Philippe Rebbot (sur un banc du parc Monceau) puis avec Romane Bohringer (dans un café devant la gare du Nord) pour disséquer tout cela.
Dix ans de mariage, deux enfants, c'est le début de la fin. Le deuxième enfant, en fait, est le rocker?
Philippe Rebbot, je ne veux pas mettre ce fardeau sur son dos, ce n’est pas sa faute, mais c’est vrai que la tension coule avec les deux enfants de trois ans de différence, je ne sais pas non comment vous le dire, nous venions de sortir des couches, alors hop, nous devions nous en remettre.
Romane Bohringer Un enfant était encore le paradis. Mais quand le second est arrivé, c'était l'explosion. Nous nous souvenons du premier été avec les deux. Vous en avez un qui n'était pas tout à fait autonome, l'autre qui allait partout. C'était un été terrible.
Philippe Rebbot Et puis, les enfants, vous les aimez tellement que cela prend une place infinie.
Romane Bohringer Nous avons été mangés par amour pour nos enfants, mais presque volontiers. Nous étions si impatients d’avoir des enfants que cela a aspiré toute notre émotion et nous n’avons pas du tout fait ce que tout le monde conseille de faire les amoureux du week-end …
Un jour, nous nous sommes retournés et il ne restait plus rien. Cela fait un an et demi que vous avez fait l'amour et que vous entendez la même phrase la nuit: "Je ne vais pas fabriquer de vieux os à Vincennes" (je le mets dans le film). Cette phrase était devenue mon cauchemar.
Philippe Rebbot Mais ce qui a vraiment tué notre couple, c'est le quotidien. Histoires de machine à laver, à revenir à cette heure …
Est-ce que nous finissons par aimer quelqu'un pour les raisons pour lesquelles nous l'aimons?
Philippe Rebbot C'est un classique. Romane, par exemple, je la trouve merveilleuse parce qu’elle est une grosse bâtarde de la vie, une fille formidable, elle a une pomme de terre folle, elle est drôle, mais je suis un peu déprimée, à la fin, J'ai eu ras-le-cul. Il fallait une distance de sécurité. Arrêtez-vous avec votre locomotive! Oui, je veux déprimer.
Et elle a d'abord dû se dire: "Oh, c'est gentil Serge Reggiani, un peu flingué là-bas". Et puis, finalement, elle en a eu marre de ma bouche molle de pétards fumeurs. C’est normal, et le vrai moyen est de récupérer. Après, franchement, nous ne retenons pas la vérité. Je suis heureux si les gens restent ensemble jusqu'à 80 ans et s'ils sont heureux.
Oui, en passant, Romane, dans le film, vous pouvez sentir que vous êtes la locomotive. Nous sentons votre puissance et votre optimisme.
Romane Bohringer. J'ai impulsé le film de la même manière que j'ai poussé la séparation. Ce n’était pas que Philippe ne voulait pas se séparer, mais c’était moi qui posais les questions tout le temps. Allons-nous rester comme ça pendant longtemps? Que pouvons-nous faire ?
C'est la fameuse charge émotionnelle qui. Ce sont les femmes qui interrogent le couple. Et qui sont toujours dans les soins. Dans la scène où Romane court chercher le Gaviscon pour son amant qui a mal au ventre, c'est évident …
Philippe Rebbot Oui, c'est vrai! Nous sommes des méchants et vous vous connaissez trop bien. Moi, j'ai des copines qui sortent avec des abrutis finis. Mais qui sont dans un état d'amour hallucinant. Ce ne sont pas des connes au début, et tout à coup, je les vois, ils perdent leurs moyens, ils sont avec des types qui les méprisent.
Et là, vous les voyez et vous vous dites, mais c’est vraiment la différence. Nous, nous sommes gros minables et vous vous connaissez. Moi, dès que je suis avec une fille, je deviens minable, je veux qu'elle me dise quoi faire. Si elle dit "embrasse-moi", je dis "ouais, O.K." Je vais chercher Romane, des nanas à grosse voix qui me disent ce que je dois faire et qui me prennent. Je suis une merde, je ne le referai pas.
C’est une chose passionnante dans la vie, cet arrangement homme-femme. Avec tout ce que nous savons déjà, cela continue d’être le même désordre. Tout à coup, le gars a mal au ventre et vous commencez à courir pour Gaviscon après avoir lu tous les livres. Pour lire les 76% restants,
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