Depuis 2019, les États-Unis tentent de bloquer l’accès de la Chine aux machines de lithographie par ultraviolets extrêmes (EUV) de la société néerlandaise ASML, jugées cruciales pour la production de puces d’IA avancées. Bien que des soupçons persistent quant à une éventuelle fuite technologique, ASML et le gouvernement néerlandais réfutent toute présence de ces équipements en Chine.
Le cœur de la discorde : la technologie EUV d’ASML
Au centre des tensions technologiques mondiales se trouve la lithographie par ultraviolets extrêmes (EUV), une technologie de pointe dont ASML détient le monopole exclusif. Ces machines sont indispensables pour graver les semi-conducteurs de nouvelle génération qui alimentent les systèmes d’intelligence artificielle. Les États-Unis ont instauré des restrictions strictes dès 2019 pour empêcher Pékin d’acquérir ces capacités industrielles, craignant un basculement de l’équilibre technologique et militaire.

La question de l’accès de la Chine à ces équipements a récemment été relancée par des allusions du ministre américain du Commerce, Howard Lutnick, suggérant qu’une unité pourrait avoir atteint le territoire chinois. ASML, de son côté, maintient une surveillance rigoureuse : sur les 340 machines EUV produites à ce jour, l’entreprise affirme être en mesure de localiser chaque unité, incluant les 26 machines retirées du service, et soutient qu’aucune ne se trouve en Chine.
Les nuances du contrôle des exportations : EUV contre DUV
Si la machine EUV complète semble hors de portée, des experts du secteur des semi-conducteurs n’excluent pas le transfert illicite de composants isolés via des fournisseurs tiers ou des réseaux d’approvisionnement détournés. Une confusion fréquente subsiste également entre les machines EUV et les modèles plus anciens de lithographie par ultraviolets profonds (DUV).
Ces systèmes DUV, moins sophistiqués mais essentiels pour de nombreuses applications industrielles, ne sont pas soumis aux mêmes niveaux de restriction que les systèmes EUV. Selon les données financières de 2025, les exportations de technologie DUV vers la Chine ont représenté environ un tiers du chiffre d’affaires total d’ASML. Ce volume commercial souligne la complexité pour les autorités néerlandaises de concilier leurs engagements envers Washington et la réalité économique de leur champion industriel.
Tensions en mer de Chine méridionale et risques pour l’économie mondiale
Parallèlement à la guerre des puces, le risque de confrontation physique monte en intensité dans le Pacifique. Un rapport analysé par Bloomberg indique qu’une centaine de navires chinois, dont des unités liées aux garde-côtes, ont navigué à moins de 10 milles marins des avant-postes vietnamiens au cours de l’année écoulée.

Ces tensions géopolitiques menacent un corridor commercial par lequel transitent annuellement 4 000 milliards de dollars de marchandises. Une perturbation majeure dans cette zone pourrait, selon les estimations de Bloomberg Economics, entraîner une contraction du PIB mondial de 1,9 %, soit environ 2 000 milliards de dollars. Face à cette incertitude, le Vietnam tente de maintenir un équilibre délicat entre la nécessité de protéger ses intérêts territoriaux et la dépendance économique envers Pékin pour ses besoins énergétiques.
La surveillance numérique et l’incertitude technologique
L’incertitude ne se limite pas aux frontières maritimes ; elle s’étend au domaine numérique.
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