Arrêter de fumer à l’âge mûr : un bouclier pour le cerveau, selon une nouvelle étude
Londres, Royaume-Uni – Des recherches récentes confirment ce que les experts soupçonnaient depuis longtemps : arrêter de fumer, même à l’âge mûr, peut avoir un impact significatif sur la santé cognitive et réduire le risque de démence. L’étude, relayée par plusieurs organisations de santé britanniques, souligne l’importance cruciale de l’arrêt du tabac pour préserver le cerveau.
Selon le Dr Richard Oakley, directeur associé de la recherche et de l’innovation à la Société Alzheimer, adopter un mode de vie sain – incluant l’arrêt du tabac, une activité physique régulière, une alimentation équilibrée et une consommation modérée d’alcool – est un facteur clé dans la réduction du risque de démence.
Les mécanismes par lesquels le tabagisme affecte le cerveau sont multiples. Il nuit à la santé cardiovasculaire, impactant l’apport d’oxygène au cerveau, provoque une inflammation chronique et endommage directement les cellules cérébrales par le biais du stress oxydatif.
Bien que le déclin cognitif soit plus marqué chez les fumeurs, la Dr Julia Dudley, responsable de la recherche à Alzheimer’s Research UK, nuance ces résultats.Elle rappelle que d’autres facteurs, tels que l’origine socio-économique et la consommation d’alcool, peuvent également jouer un rôle.
Caroline Cerny, directrice générale adjointe d’Action on Smoking and Health (ASH), insiste sur le fait que les dommages causés par le tabac peuvent être ralentis en arrêtant. “Cela illustre pourquoi il est si important d’arrêter de fumer à tout âge, mais particulièrement à l’âge mûr, avant que de nombreux symptômes du déclin cognitif n’apparaissent”, souligne-t-elle, appelant à un investissement accru dans les services d’aide à l’arrêt du tabac.
Un taux d’arrêt en hausse en Angleterre
Les chiffres récents sont encourageants : au cours du dernier mois, 35 % des fumeurs en Angleterre ont tenté d’arrêter, et près de 29 % d’entre eux ont réussi, un taux presque deux fois supérieur à celui enregistré en 2007.
Prévenir la démence : un enjeu de santé publique majeur
La démence, un terme générique désignant un ensemble de troubles cognitifs, touche des millions de personnes dans le monde. Les chiffres ne cessent d’augmenter avec le vieillissement de la population. Si des facteurs génétiques peuvent jouer un rôle, les études convergent pour démontrer que le mode de vie a une influence considérable sur le risque de développer cette maladie.
Au-delà de l’arrêt du tabac, les experts recommandent une alimentation riche en fruits, légumes et poissons gras, une activité physique régulière, un maintien de l’activité intellectuelle et une gestion du stress pour préserver la santé du cerveau tout au long de la vie. L’investissement dans la prévention et la recherche reste essentiel pour lutter contre cette maladie dévastatrice.
