Une offensive aérienne d’envergure menée par les Houthis a touché quatre villes dans le sud de l’Arabie saoudite, faisant au moins 73 blessés et endommageant des infrastructures pétrolières clés. Les autorités saoudiennes ont dénoncé cette attaque et promis une riposte ferme alors que le conflit régional s’intensifie.
Une frappe massive sur quatre villes saoudiennes et les sites d’Aramco
Les rebelles houthis du Yémen ont intensifié le conflit régional en ciblant directement le territoire saoudien à l’aide de projectiles balistiques et de drones. L’opération a touché la base aérienne King Khalid à Khamis Mushait, ainsi que plusieurs installations économiques et pétrolières exploitées par le géant Aramco à Abha et Jizan. Les images satellites de la NASA ont rapidement confirmé la présence d’épais panaches de fumée noire s’élevant au-dessus de la raffinerie de Jizan et d’un centre de distribution de carburant à Absi. Les Houthis, qui contrôlent la majeure partie du territoire du Yémen ainsi que la capitale, ont déclaré avoir mené une opération militaire de grande envergure et de grande portée en profondeur sur le territoire de l’Arabie saoudite.

Le ministère saoudien de l’Énergie a reconnu que ces assauts avaient provoqué des incendies sur plusieurs sites. D’après le bilan officiel de la coalition militaire, 73 personnes ont été blessées dans ces bombardements qui ont frappé les zones de Jizan, Najran, Abha et Khamis Mushait, touchant des civils parmi lesquels figurent des femmes et des enfants. L’Arabie saoudite dirige la coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale, et ce pays de la péninsule arabique a replongé dans la guerre en juillet sur fond d’embrasement régional.
La réaction de Riyad et les menaces d’élargissement du front
Face à cette escalade, le porte-parole de la coalition dirigée par Riyad, le général de brigade Turki al-Maliki, a qualifié les actions des rebelles de comportement irresponsable et hostile sur sa page de la plateforme de réseau social X. Il a précisé que les attaques menées contre les villes et les sites civils et économiques d’Abha, Khamis Mushait, Jizan et Najran constituent une violation flagrante de la souveraineté de l’Arabie saoudite et menacent sa sécurité, ajoutant que les formations terroristes des Houthis agissent sans fondement et ciblent les ressources économiques.

De leur côté, les Houthis ont justifié cette campagne en affirmant agir en riposte à des frappes menées par les forces saoudiennes au Yémen. Le porte-parole militaire des rebelles, Yahya Saree, a déclaré que les forces armées yéménites ont mené cette opération à l’aide de dizaines de missiles balistiques et de drones en réponse à 121 frappes de Riyad au Yémen au cours des trois derniers jours. Par la suite, un membre du bureau politique des Houthis, Hizam al-Assad, a affirmé, selon l’agence de presse iranienne Mehr, que les zones de production pétrolière, les installations industrielles et les objets vitaux à travers toute l’Arabie saoudite ne sont plus sûrs et constituent des cibles légitimes, avertissant que de telles frappes entraîneront l’arrêt des investissements dans les projets économiques du royaume.
Impacts sur les marchés pétroliers et tensions maritimes
Ce regain de violence au sud de la péninsule arabique intervient dans un contexte de tensions où les Houthis ont annoncé le 20 juillet la mise en place d’une marine de blocus contre l’Arabie saoudite en réponse à ce qu’ils ont qualifié de siège injuste et oppressif imposé au Yémen, après que Riyad eut frappé l’aéroport de Sanaa en juillet. L’accumulation des crises régionales a immédiatement fait réagir les marchés énergétiques internationaux, la valeur du baril de pétrole ayant dépassé les 100 dollars à la suite des rapports sur les dégâts subis par les installations saoudiennes et des menaces émises par l’Iran concernant la vulnérabilité des infrastructures énergétiques de la région.

Parallèlement, les affrontements se sont intensifiés sur fond d’échanges d’attaques sur des navires dans la région, tandis que les forces américaines dans le détroit d’Ormuz ont également repris leurs opérations contre l’infrastructure maritime de l’Iran après une interruption de deux jours.
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