Affaire Weinstein: pourquoi si peu de dénonciations en France?

Outre les affaires Besson, Depardieu et Caubère, le cinéma français a été totalement épargné par les accusations de violences sexuelles. "Aux États-Unis, dénoncer un coupable ne pose pas de problème", déclare Sandra Muller, une journaliste française installée à New York, qui a lancé le hashtag #balancetonporc il y a un an sur Twitter, à la suite de l'affaire Weinstein. En France, la dénonciation est traitée comme une dénonciation. Cela ravive les souvenirs de l'occupation. »LIRE AUSSI> Après Weinstein, la révolution silencieuse du cinéma français
Le journaliste, qui publie le 31 octobre un livre "#balancetonporc", affirme avoir reçu de nombreux témoignages de victimes de sexisme ou d'agressions sexuelles dans le cinéma français … Aucune femme ne veut citer son agresseur. "Il s'agit principalement de culture", insiste Sandra Muller. Ce qui souligne un argument plus "structurel": "Si les actrices françaises ont peur de parler, c'est aussi parce qu'elles sont plus vulnérables que les actrices américaines. Le cinéma français est un petit média où tout le monde est ami. Un protecteur" d'aura " porte-parole de l'association Osez le féminisme!, Pauline Spinazze parle de "l'omerta" dans le monde de la culture hexagonale et met en avant une autre "spécificité française": "Chez nous, nous dissocions l'homme de l'artiste. C'est pourquoi Roman Polanski avait de nouveau eu droit à un hommage à la Cinémathèque l'année dernière ou à ce que Bertrand Cantat ait donné une série de concerts … On peut condamner l'homme en scandalisant l'artiste. Selon l'activiste, ce protecteur "d'aura" n'encouragerait pas les victimes potentielles à dénoncer des réalisateurs ou des acteurs célèbres. LIRE AUSSI> #Balancetonporc: quel est le bilan du hashtag, un an après le début du mouvement?
"De plus, les accusations contre Luc Besson et Gérard Depardieu ont été très rares dans les médias", a déclaré Pauline Spinazze. Qui fait remarquer qu'aux États-Unis, des cinéastes ou des humoristes accusés d'agression sexuelle se sont excusés publiquement – en expliquant parfois que leur comportement avait été mal interprété … Alors que ni Luc Besson ni Gérard Depardieu n'ont "pris la peine de le faire." "de Sandra Muller, Ed. Flammarion, 230 p., 18 €.

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