Népal : Conditions de vie alarmantes dans les centres de détention pour mineurs
Kathmandou, Népal – Des conditions de vie déplorables et un manque criant de services essentiels marquent le quotidien de jeunes filles détenues dans un centre de détention pour mineurs au Népal, révèle une enquête récente. L’établissement, qui accueille des adolescentes âgées de 14 à 26 ans, est dépourvu des infrastructures de base garanties par la loi népalaise sur l’enfance, notamment un terrain de jeu, des installations scolaires adéquates et un accès aux soins de santé.
Bien qu’une école soit présente sur le site, elle est réservée aux garçons d’un centre de détention séparé, la direction justifiant cette ségrégation par une volonté d’éviter tout mélange des populations. Cette discrimination en matière d’accès à l’éducation est particulièrement préoccupante, privant les filles de la possibilité de se reconstruire et de préparer leur avenir.
Les conséquences psychologiques de ces conditions de détention sont sévères. Les jeunes filles, souvent isolées de leurs familles – comme en témoigne le cas de Bishwokarma, qui n’a reçu aucune visite ni appel de ses proches – souffrent d’un profond sentiment d’abandon et d’incertitude quant à leur avenir.
« Ce type d’environnement n’est pas propice aux enfants et laisse des effets durables », souligne Shankar, un observateur du système judiciaire népalais.« Il y a peu d’incitation à changer. »
Le manque de financement est régulièrement invoqué par les autorités comme principal obstacle à l’amélioration des conditions de détention.Cependant,les défenseurs des droits de l’enfant insistent sur la nécessité d’une volonté politique forte et d’une allocation budgétaire prioritaire pour garantir le respect des droits fondamentaux des mineurs incarcérés.
Contexte et enjeux persistants :
Le Népal, bien que signataire de la Convention relative aux droits de l’enfant, peine à mettre en œuvre pleinement ses obligations en matière de justice des mineurs.Les centres de détention pour mineurs sont souvent surpeuplés, manquent de personnel qualifié et offrent des programmes de réhabilitation limités.
La détention de mineurs, en particulier de filles, est un problème complexe lié à des facteurs tels que la pauvreté, la discrimination de genre, la violence familiale et le manque d’accès à l’éducation. Les filles incarcérées sont souvent victimes d’abus et de négligence, et sont particulièrement vulnérables à la stigmatisation et à l’exclusion sociale.
Les organisations de défense des droits de l’enfant plaident pour des alternatives à la détention,telles que les mesures de probation,les programmes de médiation et les centres d’accueil spécialisés,ainsi que pour une réforme du système judiciaire afin de garantir un traitement équitable et respectueux des droits des mineurs. L’amélioration des conditions de détention et la mise en place de programmes de réhabilitation efficaces sont essentielles pour briser le cycle de la criminalité et offrir aux jeunes filles une chance de reconstruire leur vie.
