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Pays-Bas étendent la consigne aux bouteilles de lait et jus pour atteindre 90 % de recyclage

Pourquoi cette extension ? Les chiffres qui justifient l’urgence

Le gouvernement néerlandais étend le statut de consigne à toutes les bouteilles en plastique jusqu’à 3 litres, y compris les bouteilles de lait et de jus de fruits, pour atteindre l’objectif légal de 90 % de recyclage d’ici 2029. Une mesure qui divise sur les risques sanitaires et logistiques.

Le ministère néerlandais de l’Environnement et de la Croissance verte, dirigé par Stientje van Veldhoven (D66), a annoncé hier un projet de loi étendant la consigne sur toutes les bouteilles en plastique jusqu’à 3 litres, incluant pour la première fois les bouteilles de lait et de jus de fruits. Une décision qui vise à combler le retard accumulé sur l’objectif européen de 90 % de recyclage des emballages plastiques, un seuil que les Pays-Bas n’ont toujours pas atteint après quatre ans de mise en œuvre. Selon les chiffres les plus récents, seuls 77 % des bouteilles en plastique ont été collectées en 2025, laissant derrière elles près de 139 millions d’euros de consignes non réclamées.

Pourquoi cette extension ? Les chiffres qui justifient l’urgence

L’extension de la consigne à toutes les bouteilles en plastique, y compris celles de lait et de jus de fruits, s’explique par une réalité chiffrée : ces bouteilles représentent à elles seules 12 % de toutes les bouteilles en plastique mises sur le marché néerlandais, selon les données du ministère citées par NOS. Sans cette mesure, l’objectif de 90 % de recyclage ne sera pas atteint, et le pays s’exposerait à des sanctions européennes à partir de 2029. Les nouvelles règles européennes imposent en effet aux États membres de respecter ce seuil sous peine de voir leurs systèmes de recyclage renforcés, y compris par des obligations d’acceptation des bouteilles étrangères dans les points de collecte.

Pourquoi cette extension ? Les chiffres qui justifient l’urgence

« Je veux éviter ce scénario et garder le contrôle », a écrit la ministre dans sa lettre adressée à la Chambre des représentants, citée par WNL. Une position partagée par les supermarchés, qui craignent cependant des conséquences imprévues. Selon NieuwsLens, les enseignes anticipent déjà des problèmes d’hygiène : les bouteilles de lait, souvent partiellement vides au moment de leur collecte, pourraient attirer les rongeurs et favoriser la prolifération de bactéries si elles restent trop longtemps dans les points de dépôt. « Les bouteilles de lait posent des défis uniques en matière d’hygiène », confirme un porte-parole de Verpact, l’organisation responsable du système de consigne, qui a déjà évoqué cette possibilité dès la fin 2023.

Les supermarchés en première ligne : quels risques sanitaires ?

Les distributeurs s’inquiètent particulièrement des conséquences logistiques et sanitaires de cette mesure. Les bouteilles de lait et de jus de fruits, souvent consommées à domicile, sont rarement rapportées aux points de collecte, contrairement aux bouteilles d’eau ou de sodas. Une fois collectées, elles doivent être rapidement évacuées pour éviter les problèmes de moisissures et de contamination, selon NieuwsLens. « Les bouteilles de lait, une fois vides, peuvent contenir des résidus de produits laitiers qui attirent les insectes et les rongeurs », explique un responsable du secteur, sous couvert d’anonymat. Les supermarchés devront donc adapter leurs protocoles de nettoyage et de gestion des déchets, avec un coût supplémentaire estimé à plusieurs millions d’euros.

Les supermarchés en première ligne : quels risques sanitaires ?

« Les bouteilles de lait posent des défis uniques en matière d’hygiène. »
— Porte-parole de Verpact, cité par NOS en 2023.

Pour limiter ces risques, le gouvernement impose à Verpact de proposer des solutions avant toute mise en œuvre effective. La ministre Van Veldhoven a également évoqué la possibilité d’un verbot sur la vente de bouteilles en plastique sans consigne, une mesure qui s’ajouterait à l’obligation pour les points de vente d’accepter les bouteilles étrangères, comme le souligne NRC. Une telle mesure pourrait coûter des centaines de millions d’euros aux producteurs et distributeurs, mais elle est présentée comme un mal nécessaire pour éviter des sanctions européennes encore plus lourdes.

Verpact au cœur du dispositif : qui paiera la facture ?

Verpact, l’organisation qui gère le système de consigne aux Pays-Bas, se retrouve au centre du débat. Chaque année, près de 130 millions d’euros de consignes ne sont pas réclamées en raison du faible taux de retour des bouteilles, selon les données citées par NOS. Avec l’extension à toutes les bouteilles en plastique, ce montant pourrait encore augmenter, surtout si les bouteilles de lait et de jus de fruits ne sont pas rapportées en nombre suffisant.

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Verpact au cœur du dispositif : qui paiera la facture ?

La ministre Van Veldhoven a demandé à Verpact de proposer un plan d’action pour garantir une collecte efficace, notamment en développant des solutions pour les bouteilles de lait. « Nous soutenons les propositions de la ministre, mais nous devons rester en contact étroit sur la manière de gérer la collecte des bouteilles de lait », a indiqué un porte-parole de Verpact, cité par WNL. La question de la transparence sur l’utilisation des fonds non réclamés est également au cœur des discussions : la ministre souhaite que les producteurs rendent des comptes sur la gestion de ces sommes, qui représentent un enjeu financier majeur.

Et maintenant ? Le calendrier et les incertitudes

Le projet de loi doit encore être discuté à la Chambre des représentants, mais le gouvernement semble déterminé à le faire adopter avant la fin de l’année. Si les supermarchés et Verpact s’accordent sur la nécessité de la mesure, les craintes concernant les problèmes d’hygiène et les coûts supplémentaires pourraient ralentir le processus. Une chose est sûre : sans cette extension, les Pays-Bas risquent des sanctions européennes dès 2029, avec des obligations encore plus strictes, comme l’acceptation obligatoire de toutes les bouteilles en plastique, y compris celles importées.

Pour les consommateurs, cette mesure pourrait se traduire par une légère hausse des prix, mais aussi par une simplification du système : plus de confusion sur les bouteilles avec ou sans consigne. Cependant, si les bouteilles de lait et de jus de fruits restent peu rapportées, les supermarchés pourraient devoir investir dans des infrastructures supplémentaires pour éviter les problèmes sanitaires. Une chose est certaine : le débat sur la consigne aux Pays-Bas est loin d’être terminé.

« Nous devons trouver un équilibre entre l’objectif de recyclage et la gestion des risques sanitaires », a déclaré la ministre Van Veldhoven. Une équation complexe, mais nécessaire pour éviter des sanctions européennes coûteuses.

« Ik wil dit scenario voorkomen en zelf de touwtjes in handen houden. »
— Stientje van Veldhoven, ministre de l’Environnement et de la Croissance verte, dans sa lettre à la Chambre des représentants.

La mesure, bien que nécessaire, soulève des questions sur la capacité des acteurs néerlandais à gérer cette extension sans créer de nouveaux problèmes. Une chose est sûre : le système de consigne aux Pays-Bas est en pleine mutation, et les prochains mois seront décisifs pour son avenir.

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