Une revue de l’ADN ancien publiée en ligne le 23 septembre dans la revue Current Opinion in Genetics & Development indique que les ancêtres des populations autochtones des Amériques sont arrivés sur le continent au plus tôt il y a environ 21 000 ans, pendant la phase la plus froide de la dernière période glaciaire.
Les preuves issues de la génétique situent l’arrivée des ancêtres des Amérindiens actuels dans le Nouveau Monde à une période reculant tout au plus à il y a environ 21 000 ans, s’accordant avec une migration durant ou près de la fin du maximum glaciaire, alors que les archéologues débattent depuis plus d’un siècle pour savoir si les premiers humains ont franchi les Amériques avant, pendant ou après le maximum glaciaire.
Pour trancher entre les hypothèses, les chercheurs ont examiné les données génétiques disponibles face aux vestiges archéologiques, indiquant selon Archaeology Mag que l’étude compare l’ADN ancien avec des données de terrain.
Trois modèles migratoires face à la génétique
Les co-auteurs ont précisé que l’étude utilise les données génétiques pour évaluer chaque modèle.

- Une entrée avant le maximum glaciaire, il y a plus de 25 000 ans.
- Une migration survenue pendant cette phase de froid intense, entre 25 000 et 14 000 ans.
- Une arrivée plus récente post-glaciaire, intervenue après 14 000 ans, liée historiquement à la culture Clovis.
L’horloge moléculaire et l’analyse des génomes indiquent que la divergence des lignées fondatrices s’est produite au terme de la dernière période glaciaire, tandis qu’une première lignée fait son apparition plus tard sur des sites tels qu’Anzick, Spirit Cave et Lagoa Santa.
Archaeology Mag précise que le plus ancien génome échantillonné du continent appartient à l’enfant d’Anzick-1, au Montana, qui a vécu il y a environ 12 800 ans. Ces conclusions relancent le débat persistant au sein de la communauté scientifique.
Des empreintes qui troublent les chercheurs
Sur le site de White Sands au Nouveau-Mexique, des empreintes de pas fossilisées ont été datées d’il y a environ 23 000 ans, malgré la datation génétique fixée autour de 21 000 ans.
D’autres emplacements très disputés font également l’objet de discussions nourries, à l’instar de Cerutti et Topper en Caroline du Sud, de la grotte Chiquihuite au Mexique ainsi que de Pedra Furada au Brésil.
“Il est possible que nous n’ayons pas échantillonné la lignée de leurs descendants, ou qu’ils aient contribué à une faible proportion d’ascendance génétique aux populations nord-américaines anciennes. Peut-être n’avons-nous tout simplement pas encore trouvé l’ADN de la population de White Sands.”
Bethany Potter et Savannah Hay, via Live Science
Aucun matériel génétique n’a pu être extrait de ce site pour le moment, ce qui empêche d’établir un lien direct avec les populations actuelles, bien que les peuples autochtones de la région, notamment les Acoma Pueblo d’après Live Science, reconnaissent ces vestiges comme des traces laissées par leurs ancêtres.

Des zones d’ombre géographiques à combler
Environ 257 génomes complets et les données à l’échelle du génome d’environ 1 200 individus anciens ont été publiés depuis le premier génome séquencé en 2010 sur un homme de la culture Saqqaq au Groenland datant d’environ 4 000 ans, selon les rappels de Live Science et Archaeology Mag qui pointent d’importantes zones d’ombre géographiques dans la base de données génétiques.
Les chercheurs signalent par exemple l’absence totale de génomes anciens publiés provenant des Grandes Plaines, pourtant situées à proximité immédiate de leur laboratoire de recherche.
L’expansion future de la couverture géographique nécessitera toutefois une démarche rigoureuse. Les auteurs insistent sur la nécessité de mener un travail éthique et collaboratif avec les communautés descendantes concernées par ces prélèvements d’ADN ancien.
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