Voitures électriques d’occasion : la demande s’envole en France

La flambée des prix des carburants et les tensions géopolitiques poussent les automobilistes français vers les véhicules électriques d’occasion. Portée par un pic de recherche et une baisse des stocks, la seconde main s’impose comme le choix privilégié pour réduire les coûts de mobilité.

La transition énergétique sur le marché automobile français prend un nouveau visage. Face à l’augmentation continue des tarifs à la pompe, les acheteurs se tournent massivement vers la seconde main pour acquérir des véhicules électriques, bousculant les équilibres traditionnels des concessions et des salons spécialisés.

Le Salon de l’automobile du Creusot fait le pari du tout-occasion

En Saône-et-Loire, la 15e édition du Salon de l’automobile du Creusot a acté un tournant stratégique radical les 26 et 27 septembre 2026. L’événement a fait l’impasse sur les modèles neufs pour se consacrer exclusivement aux voitures de seconde main, exposant une centaine de véhicules dans la cour du château grâce à trois concessionnaires locaux.

Cette réorientation répond aux interrogations des visiteurs qui arpentent les allées à la recherche de solutions économiques. La conjoncture actuelle fait qu’on a peut-être envie de regarder d’autres alternatives par rapport aux carburants, confie un visiteur du salon, Arnaud, aux côtés de son épouse.

Voitures électriques d'occasion : la demande s'envole en France
Photo : France 3 Régions

Du côté des professionnels, ce positionnement favorise l’accessibilité financière. Le marché évolue aussi, surtout au niveau de l’électrique, ce qui nous permet de mettre un plus large choix de gammes de véhicules, explique Stéphane Balayn, conseiller commercial au groupe Nomblot. Ça permet aussi de démarrer à des prix qui sont abordables pour tout le monde, de 9 000 à 20 000 euros en fonction des modèles et des années des véhicules.

Un marché national dopé par les tensions géopolitiques

À l’échelle nationale, l’observatoire trimestriel de la plateforme La Centrale indique que le prix moyen d’une voiture d’occasion est repassé au-dessus de la barre des 20.000 euros au troisième trimestre 2026, s’établissant à 20.990 euros contre 19.990 euros au trimestre précédent. Cette dynamique haussière est principalement entraînée par l’engouement autour des motorisations électriques.

Les recherches en ligne ont ainsi enregistré un pic de plus de 214% le dimanche 20 septembre par rapport au 28 février, date marquant le début du conflit au Moyen-Orient. Ce sursaut d’intérêt s’est répercuté immédiatement dès le mois de mars, selon Guillaume-Henri Blanchet, directeur général de la plateforme.

On remarque de plus en plus que les gens ne savent plus trop quoi acheter, en termes de motorisation surtout. Aujourd’hui, entre la hausse générale des carburants, la crainte que suscite parfois l’électrique, pourtant économique, et l’offre en hybride rechargeable, les automobilistes sont un peu perdus dans leur choix.

Romain Léger, conseiller commercial chez Auto Bourgogne Vacher

Tension sur les stocks et envolée des prix de la seconde main

Cette ruée vers les alternatives électriques provoque une raréfaction nette des disponibilités. Les parcs automobiles affichent un recul des stocks de 32% en un an, une chute qui atteint même 48% pour les gammes tarifaires inférieures à 20 000 euros.

Les modèles les plus accessibles subissent directement cette pression. La Renault Zoé illustre cette tendance : son stock est passé d’environ 4 500 à 640 annonces en l’espace d’une année, soit une baisse de 86%, tandis que son prix moyen s’est accru de 25% pour atteindre 14.985 euros. Globalement, le prix moyen des voitures électriques d’occasion atteint 25.593 euros, affichant une progression annuelle de 9,7% qui surclasse toutes les autres motorisations.

Face à ces arbitrages, les automobilistes évaluent désormais le coût global d’utilisation plutôt que le seul prix d’acquisition. Entre un plein de carburant traditionnel et la recharge électrique, l’écart de dépense quotidienne pèse lourdement dans la décision finale des ménages.

Perspectives d’approvisionnement pour l’année 2027

Le secteur s’attend à un rééquilibrage de l’offre à court terme. Les professionnels anticipent l’arrivée sur le marché de seconde main d’un volume important de véhicules issus de la première vague du dispositif de leasing social mis en place en 2024, à l’expiration des contrats de location longue durée prévus pour 2027.

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