Un bombardement de l’armée birmane contre un marché très fréquenté dans l’État de Rakhine a fait au moins 50 morts et 58 blessés lundi 28 septembre 2026. L’attaque a touché une zone sous contrôle rebelle, provoquant de vastes destructions et intensifiant la crise humanitaire dans ce pays déchiré par la guerre civile.
Le dernier bilan s’établit à 50 morts et 58 blessés après qu’un avion de chasse de la junte a largué deux bombes à proximité d’un marché local et d’un pont dans la ville de Kyauktaw, située le long de la rivière Kaladan dans le nord de l’État de Rakhine, selon les informations publiées par l’agence Reuters. L’attaque s’est produite lundi vers midi, heure locale, touchant directement un important carrefour commercial connu localement sous le nom de « marché indien », un espace de gros très fréquenté par les vendeurs, les clients, les piétons et les manutentionnaires.
Des secouristes et des groupes armés locaux ont confirmé que le nombre de victimes avait grimpé au cours des recherches menées le lendemain. Sur les 58 blessés recensés, au moins 22 se trouvent dans un état critique.

L’Armée d’Arakan accuse la junte de cibler délibérément les civils
La zone touchée est placée sous le contrôle de l’Armée d’Arakan, un groupe armé autonomiste bien entraîné qui mène une offensive d’envergure dans la région depuis novembre 2023 et contrôle désormais la grande majorité des cantons de l’État de Rakhine. Le porte-parole du mouvement rebelle, Khine Thu Kha, a vertement condamné l’opération aérienne selon Reuters, déclarant que les forces armées ont « délibérément pris pour cible des marchés densément peuplés, des écoles, des civils et des immeubles résidentiels au moyen de frappes aériennes ».
L’organisation rebelle a également averti que le bilan humain may continue to increase
en raison de la gravité des blessures et des destructions sur place.
La détresse des familles et les difficultés des secours à Kyauktaw
Sur le terrain, les équipes de sauvetage font face à des conditions d’intervention extrêmement difficiles. Wai Hun Aung, un responsable humanitaire et de secours basé dans la région, a qualifié ce bombardement de l’un des pires qu’ait connus l’État de Rakhine, soulignant que le marché visé constituait le principal centre d’approvisionnement pour l’ensemble de la région. Des photographies et des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux témoignent de l’ampleur des dégâts, montrant des véhicules calcinés, des bâtiments en flammes et des structures de ponts effondrées.
Des habitants endeuillés se sont rassemblés près de cimetières locaux et sous des abris de fortune pour tenter de retrouver la trace de leurs proches. Témoignant de la violence du choc, un habitant a partagé sa douleur avec la presse :
Quand je suis allée voir l’endroit où ma petite sœur vend des fruits au marché, ni l’endroit ni elle n’étaient encore Témoin sur place, via Charentelibre

Un autre intervenant a exprimé son désarroi face à l’ampleur du drame et à la disparition de membres de sa famille :
Je ne sais même pas où aller. Je suis aussi inquiète pour la petite fille de ma sœur cadette, qui est introuvable.

Les sauveteurs présents sur les lieux ont expliqué avoir dû prioriser l’assistance aux survivants tout en laissant temporairement les corps sans vie sur place, en raison de la précarité de la situation sécuritaire et de l’urgence médicale.
Un conflit prolongé et des frappes aériennes récurrentes en pays birman
Le pays est plongé dans une guerre civile généralisée depuis le coup d’État de février 2021 qui a renversé le gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi, menant à l’éviction du pouvoir démocratique par les forces armées. Depuis lors, le conflit a entraîné la mort de plus de 100 000 personnes et déplacé plus de 3,5 millions d’habitants à travers le territoire national, selon les données de référence de l’ONG Armed Conflict Location and Event Data project rappelées par Anews.
La frappe de Kyauktaw s’inscrit dans une série d’attaques aériennes ciblées menées par l’armée birmane contre les territoires aux mains de l’opposition armée et des minorités ethniques. En décembre précédent, un bombardement similaire avait frappé un hôpital dans la ville de Mrauk-U dans le même État de Rakhine, faisant au moins une trentaine de morts. Face à ces offensives, l’armée maintient sa position habituelle, affirmant qu’elle ne vise que des cibles militaires légitimes et rejetant les accusations de terrorisme portées contre ses méthodes.
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