Vénus aurait absorbé sa propre lune selon une nouvelle étude

La planète Vénus aurait pu posséder une lune dans sa jeunesse avant de l’absorber.

Vénus et la Terre partagent des dimensions, une masse et une structure interne si proches qu’on les qualifie souvent de planètes jumelles, selon les recherches menées à l’Université de Californie à Riverside. Pourtant, un abîme sépare ces deux mondes.

La dynamique des marées et le piège d’une rotation lente

L’explication de cette absence ne réside ni dans une collision titanesque ultérieure ni dans une absence originelle de satellite, mais bien dans une mécanique gravitationnelle implacable. Pour comprendre ce mécanisme, les scientifiques se penchent d’abord sur notre propre planète. La Terre effectue une rotation complète sur son axe en 24 heures environ, un rythme assez rapide pour que l’énergie de ce mouvement se transfère vers la Lune, repoussant celle-ci vers l’extérieur à raison de quatre centimètres par an, une mesure confirmée par les miroirs laissés sur place en 1969 par la mission Apollo 11 de la NASA.

Vénus offre un contraste saisissant. Sa rotation axiale est particulièrement lente, puisqu’il lui faut 243 jours terrestres pour achever un seul tour sur elle-même. Dans ce cas de figure, l’interaction des marées transfère le moment cinétique vers l’intérieur de la planète plutôt que vers l’extérieur.

Des simulations informatiques unanimes sur le destin vénusien

Pour éprouver cette hypothèse, l’équipe a conçu des modèles informatiques fondés sur la physique des interactions gravitationnelles entre corps planétaires. Après avoir validé le programme en reproduisant fidèlement le système Terre-Lune, les chercheurs ont testé différents scénarios en modifiant la vitesse de rotation de Vénus et en faisant varier la masse de lunes hypothétiques, de la moitié jusqu’à dix fois celle de la Lune terrestre.

Vénus aurait absorbé sa propre lune selon une nouvelle étude
Photo: New York Post

Le résultat des simulations s’est révélé presque universel : quel que soit le scénario initial, le satellite finit par spiraler vers l’intérieur pour s’écraser à la surface de la planète. Mais tout est allé à peu près dans la même direction.

Cette lune se serait écrasée sur la planète dans un laps de temps relativement court. Stephen Kane, planétologue à l’Université de Californie à Riverside, via Smithsonian Magazine

Les indices cachés sous la surface et les futures missions spatiales

Prouver matériellement l’existence passée de ce satellite s’annonce complexe. Environ une grande partie de la surface de Vénus présente une homogénéité d’âge qui témoigne d’un gigantesque événement de resurfaçage survenu il y a environ un milliard d’années, effaçant une grande partie des archives géologiques primitives. Toutefois, les scientifiques estiment que des indices décisifs pourraient se trouver sous la croûte planétaire.

Venus is one of only two planets in our solar system that lack a moon. (Mercury is the other.)
Photo: smithsonianmag.com

La communauté scientifique place désormais ses espoirs dans les prochaines missions de la NASA, baptisées DAVINCI+ et VERITAS, dont les lancements sont programmés pour la fin des années 2020 ou le début des années 2030 afin de percer les secrets de l’atmosphère et de la géologie de l’ex-jumelle de la Terre.

Astrophysics study suggests Venus may have swallowed its moon

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