La durée quotidienne des trajets domicile-travail atteint en moyenne 48 minutes à travers l’Europe, selon une étude menée par SD Worx auprès de milliers de travailleurs. La Slovénie se distingue avec la moyenne la plus courte d’Europe, soit 32 minutes par jour, tandis que la Belgique arrive en tête des pays étudiés.
Le temps passé chaque jour sur la route pour se rendre au travail et en revenir dépasse désormais le seuil que de nombreux salariés considèrent comme acceptable, d’après les données d’une étude internationale menée par l’entreprise SD Worx. Cette enquête, réalisée auprès de milliers de travailleurs répartis dans 15 pays européens et au Royaume-Uni (dont un grand nombre en Belgique), met en lumière des disparités notables en matière de mobilité professionnelle.
La Slovénie affiche la moyenne la plus basse d’Europe
À l’autre extrémité du classement européen, la Slovénie se positionne comme le pays affichant le temps de trajet le plus court parmi l’ensemble des nations étudiées. Selon les conclusions de la recherche publiée par SD Worx, les Slovéniens consacrent en moyenne 32 minutes par jour aux déplacements entre leur domicile et leur lieu de travail.
Ce chiffre s’inscrit dans une fourchette régionale basse : la Roumanie enregistre une moyenne comparable avec seulement une minute de plus, tandis que l’Italie affiche 35 minutes quotidiennes. En Croatie, les conducteurs et passagers voyagent un peu plus longtemps, avec une moyenne de 41 minutes par jour.
Concernant les modes de transport en Slovénie, l’Office statistique de la République de Slovénie (SURS) a publié le 11 septembre 2026 des données indiquant que les habitants privilégient très majoritairement l’automobile. L’enquête montre que 42 % des usagers de la voiture n’ont pas recours aux transports en commun parce qu’ils estiment que ces derniers leur font perdre trop de temps, ou qu’ils ne sont tout simplement pas disponibles sur leur trajet. Les transports publics (bus et trains) restent ainsi très peu utilisés dans le pays, représentant seulement entre 3 % et 4,5 % de l’ensemble des déplacements, ou 7,5 % des kilomètres parcourus. Près de 80 % des résidents slovènes âgés de 15 à 84 ans ont effectué au moins un déplacement un jour de semaine l’an dernier, la marche représentant 19 % des trajets, les transports publics 5 %, le vélo 4 %, et la voiture sous forme de conducteur ou de passager couvrant 69 % des déplacements restants.
La Belgique en tête des pays aux trajets les plus longs
À l’opposé de la Slovénie, la Belgique demeure le pays où les pendulaires passent le plus de temps sur la route. Les travailleurs belges déclarent consacrer en moyenne 61 minutes par jour à leurs déplacements professionnels aller-retour, un chiffre qui surpasse la moyenne internationale fixée à 48 minutes et devance des pays comme la Suède (57 minutes) et l’Irlande (56 minutes).
L’étude de SD Worx relève en outre que 13 % des salariés belges entrent dans la catégorie des « super-vozače na delo » (super-navetteurs), passant deux heures ou plus par jour dans les transports, et que 14 % d’entre eux parcourent quotidiennement plus de 120 kilomètres.
Malgré ces durées, la perception du temps perdu varie selon les territoires. Si les personnes interrogées estiment en moyenne qu’un trajet de 57 minutes par jour constitue la limite maximale tolérable, seule une minorité perçoit ce laps de temps comme du travail perdu. En Belgique, 34 % des salariés rapportent perdre une part significative de leur temps de travail en raison des trajets, un chiffre légèrement supérieur à la moyenne des pays étudiés qui s’établit à 32 %, tandis que 41 % ne partagent pas cet avis.
Infrastructures et congestion : des réalités de transport contrastées
Les données européennes illustrent également des réalités différentes derrière des durées de trajet similaires. Aux Pays-Bas et en Roumanie, la durée moyenne quotidienne du trajet s’élève à 53 minutes, mais les contextes divergent radicalement. Les salariés néerlandais parcourent en moyenne une distance de 63 kilomètres en s’appuyant sur des infrastructures performantes, alors qu’en Roumanie, la même durée de 53 minutes correspond à des distances bien plus courtes, fortement ralenties par une circulation dense et des congestions urbaines.

Ces contraintes liées au transport pèsent lourdement sur les choix professionnels à l’échelle internationale. D’après le rapport sur la mobilité professionnelle de l’entreprise Monster (Commute Report), près de la moitié des salariés aux États-Unis ont déjà refusé une offre d’emploi en raison des coûts de transport ou de la distance séparant leur domicile du lieu de travail. La tolérance face à l’allongement du temps de trajet montre des limites strictes : 32 % des personnes interrogées exigeraient une augmentation salariale d’au moins 20 % pour accepter un poste impliquant un trajet supérieur de 20 minutes à leurs souhaits, et 30 % jugent toute augmentation de la distance de trajet totalement inacceptable, quelles que soient les incitations proposées.
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