Depuis plusieurs mois, des centaines de demandeurs d’asile et de réfugiés survivent sur les trottoirs de Durban, au centre de réception de l’avenue Che Guevara. Partis de leurs domiciles à la suite de tensions xénophobes, ils réclament un hébergement provisoire au gouvernement après un processus de vérification d’identité.
La situation des migrants installés de force sur l’espace public met en lumière la précarité de l’accueil institutionnel dans la ville sud-africaine. Leur présence prolongée devant les services de l’immigration illustre l’impasse persistante entre les autorités locales, les organisations civiles et les revendications sécuritaires des résidents.
Des menaces aux manifestations : les origines de la crise à Durban
L’origine de cet exode urbain remonte au mois de mai, sur fond de montée des tensions xénophobes et d’appels répétés au départ des étrangers sans papiers avant la date butoir du 30 juin. Des activistes anti-immigration, à l’instar de Nkosikhona Phakel’umthakathi
Ndabandaba, ont mené des descentes pour cibler des ressortissants étrangers dans les quartiers de Durban.
Face aux menaces directes et aux actes d’intimidation, de nombreux habitants étrangers ont fui leur foyer.
Vérification des documents et alternatives rejetées par les réfugiés
La question des documents d’identité demeure au cœur du contentieux. La municipalité d’eThekwini a indiqué que 457 personnes avaient été contrôlées lors de cette opération de vérification, et que trois individus seulement se trouvaient en situation irrégulière. Alors que les services municipaux ont encouragé les personnes munies de papiers valides à regagner leurs communautés d’origine, les réfugiés ont catégoriquement refusé de rentrer, invoquant des risques évidents pour leur sécurité physique.
Un comité ministériel interministériel, emmené par la ministre de la Justice Mamoloko Kubayi, a rencontré le groupe le 12 juin pour lui soumettre deux options officielles : réintégrer les quartiers ou s’installer au centre de rapatriement de Lindela, dans le Gauteng. Ces propositions ont été rejetées par les occupants, qui maintiennent leur exigence d’un abri temporaire sécurisé. L’un des porte-parole du groupe, Raphael Baheebwa, a résumé le sentiment d’abandon des occupants dans un entretien accordé à ewn.co.za.

Raphael Baheebwa, dirigeant du groupe de migrants, a déclaré qu’ils se sentaient comme des personnes oubliées, rappelant qu’ils avaient été amenés là dans le but précis de vérifier leur identité, et qu’ils espéraient qu’après cette vérification, on leur accorderait un logement ou un abri temporaire, ajoutant que des policiers leur avaient promis un abri provisoire, mais qu’ils se trouvaient toujours dans la rue depuis le 18 mai.
Du côté des autorités, la position reste inflexible quant aux solutions de relogement proposées initialement, tandis que des actions de soutien humanitaire ont été organisées par des organisations de la société civile pour subvenir aux besoins des familles, des jeunes enfants et des personnes atteintes de maladies chroniques sur le site.
Clés de tension et manifestations récurrentes dans les rues
La pression sociale et politique ne faiblit pas dans la région. Les manifestations nationales du 30 juin, portées par plus de 130 organisations et syndicats regroupés au sein de la Campagne nationale contre la xénophobie, ont mis en lumière le dilemme des déplacés forcés. Si les rassemblements se sont déroulés globalement sous haute surveillance policière avec des milliers de participants, des incidents isolés ont éclaté à Durban, au Cap et à Johannesburg.
Selon un rapport publié par ewn.co.za, des manifestants menés par le mouvement March and March se sont approchés du site sous prétexte de nettoyer la rue, provoquant une intervention de la police à coups de balles en caoutchouc pour séparer les deux camps. Bilan de ces affrontements : au moins cinq personnes hospitalisées et trois arrestations.
Malgré ces violences, la contestation locale persiste.
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