Les syndicats britanniques demandent au Premier ministre Andy Burnham d’instaurer un tarif social de l’énergie financé par le rétablissement de la surtaxe bancaire à son niveau de 2023, alors que la dette énergétique des ménages a atteint un record de six milliards de livres.
Face à l’envolée de la dette énergétique des ménages britanniques, qui a touché le chiffre record de six milliards de livres sterling d’ici la fin du mois de juin, les voix s’élèvent pour réclamer des solutions structurelles. La perspective d’un hiver difficile pousse de nombreux foyers à arbitrer entre le chauffage et les dépenses alimentaires de base.
La proposition du TUC et le rétablissement de la surtaxe bancaire
Dans ce contexte de crise du coût de la vie, le Trades Union Congress (TUC) exhorte l’exécutif à agir en profondeur. Paul Nowak, secrétaire général de l’organisation syndicale, a soumis l’idée d’un tarif social de l’énergie destiné à soutenir les ménages à revenus faibles et moyens. Selon les estimations syndicales, ce dispositif pourrait bénéficier aux deux tiers des foyers du pays. Pour le financer, le TUC propose de revenir sur la réduction de la surtaxe bancaire opérée en 2023 par le précédent gouvernement conservateur, qui l’avait abaissée de 8% à 3%. Cette mesure permettrait, d’après leurs calculs, de générer neuf milliards de livres sur une période de quatre ans.
“I think it will appeal to the prime minister. These are policies that make a difference in the real world and people can see a value in them.”
Paul Nowak, secrétaire général du TUC
Interrogé sur l’efficacité de cette mesure, le dirigeant syndical estime qu’elle trouverait un écho favorable auprès des députés travaillistes, tandis que d’autres formations politiques, telles que les Libéraux-démocrates et les Verts en Angleterre et au pays de Galles, plaident également pour une imposition exceptionnelle des banques.
L’opposition du secteur financier et les priorités du gouvernement Burnham
Du côté des institutions financières, l’accueil est nettement plus réservé. UK Finance, l’organisation représentative des banques et des prêteurs, avertit qu’un alourdissement de la fiscalité pèserait sur la compétitivité internationale du secteur et compromettrait l’objectif gouvernemental d’une croissance économique répartie dans toutes les régions. L’association soutient que les banques britanniques supportent déjà une charge fiscale supérieure à celle de leurs concurrentes américaines. Une perspective que rejette Paul Nowak, arguant que la valorisation boursière des banques à Londres progresse plus rapidement qu’à New York et qu’un tel départ du Royaume-Uni demeure improbable.

Le Premier ministre Andy Burnham, arrivé à Downing Street avec la ferme intention de juguler la crise, a annoncé dès son premier jour de mandat une suspension temporaire de la TVA sur les factures d’électricité à compter d’octobre. Toutefois, les analystes soulignent que cette initiative se trouve neutralisée par la hausse des prix annoncée par Ofgem. Alors que la secrétaire d’État à l’Énergie, Miatta Fahnbulleh, mise sur la transition vers les énergies renouvelables pour éliminer à terme l’exposition de la Grande-Bretagne aux marchés gaziers internationaux, la pression s’accentue pour obtenir des mécanismes d’aide immédiate avant les mois d’hiver.
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