Le brut de référence international Brent a dépassé la barre des 100 dollars le baril, atteignant 101,21 dollars à la clôture mercredi 9 septembre 2026. Cette flambée fait suite à une escalade militaire majeure au Moyen-Orient, marquée par des attaques réciproques entre les États-Unis et l’Iran qui menacent durablement les approvisionnements mondiaux en énergie.
La reprise des hostilités et le retour du Brent au-dessus de 100 dollars
Les cours du pétrole ont franchi un seuil psychologique majeur mercredi, s’établissant à leur plus haut niveau depuis la fin du mois de mai.
Cette brusque accélération intervient après des mois de négociations fragiles et de fluctuations modérées. Pendant une grande partie du printemps, les cours s’étaient maintenus dans une fourchette inférieure à 100 dollars, les marchés tablant sur un enlisement du conflit à basse intensité. Cette perspective a volé en éclats lorsque l’Iran a annoncé avoir attaqué dix navires près du détroit d’Ormuz, tandis que l’armée américaine a riposté en coulant cinq pétroliers iraniens.
Le mouvement de retour au-dessus de 100 dollars pour le Brent reflète un marché qui doit de plus en plus changer sa vision sur la durée pendant laquelle la crise au Moyen-Orient continuera de freiner l’approvisionnement de la région. Ole Hansen, chef de la stratégie matières premières chez Saxo Bank
La paralysie du détroit d’Ormuz et les risques pour l’infrastructure pétrolière
Le cœur de la crise demeure la quasi-paralysie du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Avant le déclenchement du conflit fin février, ce passage stratégique assurait le transit d’environ un cinquième de l’offre mondiale de pétrole et de gaz. Aujourd’hui, les flux se sont effondrés, passant sous la barre des 2 millions de barils par jour, loin des 8 à 9 millions de barils enregistrés fin août.

Les incidents se multiplient le long des routes maritimes. Un pétrolier transportant environ deux millions de barils de fuel irakien a été touché par un drone dans les eaux territoriales irakiennes, tandis que l’agence de la marine britannique UKMTO a signalé que plusieurs navires marchands avaient été endommagés par des tirs nocturnes dans le Golfe. Un marin a également péri à bord d’un pétrolier battant pavillon de Gibraltar au mouillage au large de Dubaï, d’après les informations communiquées par l’affréteur Peninsula.
Les fondamentaux à court terme se sont soudainement orientés vers des approvisionnements beaucoup plus restreints, et les frappes croisées entre les États-Unis et l’Iran semblent désormais s’installer durablement. Dennis Kissler, vice-président senior du trading d’énergie chez BOK Financial
Parallèlement, les attaques menées par les rebelles houthis au Yémen contre des installations énergétiques en Arabie saoudite ont embrasé des infrastructures clés, menaçant cette fois les routes alternatives terrestres et maritimes par la mer Rouge qui avaient permis de maintenir partiellement les flux de pétrole brut.
Impact immédiat sur les prix à la pompe et l’inflation mondiale
Pour les consommateurs et les entreprises à travers le monde, cette tension sur les cours bruts se traduit instantanément par une hausse des prix des carburants. Aux États-Unis, le prix moyen du gallon d’essence ordinaire a atteint 4,22 dollars, en hausse substantielle par rapport au début des hostilités, selon les données compilées par l’association automobile AAA. Le gazole (diesel) a quant à lui touché un nouveau record absolu à 5,94 dollars le gallon.


Au Canada, le prix national moyen de l’essence ordinaire s’est établi à 1,77 dollar le litre, contre 1,73 dollar une semaine plus tôt, d’après l’organisme CAA. Les pays en développement particulièrement dépendants des importations énergétiques subissent des chocs encore plus violents : au Nigeria, le diesel a bondi de manière marquée et l’essence de façon importante depuis la fin février, tandis que l’Indonésie et le Liban enregistrent des hausses similaires, selon les relevés du tracker énergétique Global Petrol Prices.
Le Brent dépassant les 100 dollars constitue un jalon psychologique majeur pour les marchés, mais la plus grande préoccupation réside dans ce que cela implique pour l’inflation. Lukman Otunuga, responsable de la recherche de marché chez FXTM
Perspectives politiques et économiques à l’approche des échéances électorales
Sur le plan politique, la flambée des cours de l’énergie pèse lourdement sur l’administration américaine à huit semaines des élections de mi-mandat. Le président américain Donald Trump a reconnu que les prix du pétrole ne baisseraient probablement pas avant le scrutin de novembre, d’après ses déclarations relayées par les agences de presse.
Du côté des institutions financières, les analystes de Bank of America estiment qu’un accord diplomatique durable avant les élections américaines est de plus en plus improbable, selon une note de recherche publiée par l’établissement. Si les attaques persistent et maintiennent le blocus sur le détroit d’Ormuz, les cours pourraient évoluer entre 95 et 120 dollars le baril, tandis que des dommages ciblés sur de grandes infrastructures énergétiques risqueraient de provoquer des pointes soudaines allant jusqu’à 150 dollars le baril.
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