Législateurs US demandent des sanctions contre trois firmes indiennes

Un groupe bipartite de législateurs américains a demandé au gouvernement fédéral d’imposer des sanctions économiques et des interdictions à l’encontre de trois sociétés indiennes de mercenaires informatiques. Ces entreprises sont accusées d’avoir ciblé des citoyens et des entreprises aux États-Unis tout en abusant des tribunaux étrangers pour museler les enquêtes journalistiques.

Des législateurs américains demandent des sanctions contre les pirates à gages indiens

Trois élus fédéraux ont officiellement demandé à l’administration américaine de sévir contre l’industrie du piratage informatique tarifé. Dans une démarche bipartisane menée par les sénateurs démocrates Ron Wyden de l’Oregon et Sheldon Whitehouse de Rhode Island, ainsi que le représentant républicain Pat Harrigan de Caroline du Nord, une lettre a été adressée au secrétaire au Commerce Howard Lutnick pour exiger l’inscription de trois firmes indiennes sur la liste noire des sanctions économiques, connue sous le nom d’entity list.

Cette mesure vise à empêcher les entreprises américaines de commercer avec ces entités, coupant ainsi leur accès à des technologies indispensables telles que les licences logicielles et les infrastructures en nuage. Selon les informations rapportées par les élus, les sociétés visées par cette demande sont BellTroX, CyberRoot et Sunkissed Organic Farms, cette dernière ayant auparavant opéré sous le nom d’Appin.

Une décennie d’espionnage et de manipulation des litiges

Les services de ces groupes de mercenaires informatiques ne se limitent pas à de simples intrusions isolées. D’après la correspondance transmise au gouvernement, ces entités ont mené pendant plus de quinze ans des opérations ciblées contre des particuliers, des chefs d’entreprise et des conseils juridiques aux États-Unis.

Ces intrusions informatiques auraient permis de dérober des données concernant des milliers d’Américains. Les parlementaires soulignent également que les cybercriminels ont cherché à influencer l’issue de procédures judiciaires en cours en compromis les boîtes de réception et les appareils de divers acteurs institutionnels et économiques.

Le recours aux tribunaux étrangers pour museler la presse

Au-delà du vol de données et de l’espionnage industriel, le courrier adressé aux autorités met en lumière une tactique visant à restreindre la liberté de la presse. Les signataires affirment que les mercenaires et leurs associés ont mené une campagne agressive de pressions judiciaires internationales afin d’empêcher les médias américains de relayer des informations sur leurs agissements.

Législateurs US demandent des sanctions contre trois firmes indiennes
Photo: nextgov.com

À titre d’exemple, l’entreprise Appin avait obtenu par le passé une ordonnance d’un tribunal indien obligeant l’agence Reuters à retirer ses articles d’investigation, bien que l’organisation de presse ait maintenu la véracité de ses publications avant que la mesure ne soit levée. L’Electronic Frontier Foundation est également intervenue par le passé pour protéger des structures de journalisme d’investigation face aux menaces juridiques de ces sociétés.

Des connexions politiques et des précédents qataris

Le dossier documente par ailleurs des liens entre ces activités de piratage et des opérations d’influence à l’étranger. Les élus mentionnent des éléments indiquant que ces structures ont agi pour le compte du gouvernement du Qatar, visant notamment des opposants à la candidature qatarie pour l’organisation de la Coupe du monde de football ainsi que des proches de responsables politiques américains.

Législateurs US demandent des sanctions contre trois firmes indiennes
Photo: TechCrunch

Des investigations journalistiques antérieures menées par le magazine The New Yorker et le Citizen Lab de l’Université de Toronto ont déjà documenté les opérations d’espionnage menées par BellTroX et CyberRoot. Malgré les enquêtes du département de la Justice ayant visé certains individus par le passé, les législateurs insistent sur le fait que les pirates étrangers continuent d’agir en toute impunité, ce qui motive la demande urgente d’une réponse commerciale et financière de Washington.

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