Cette escalade commerciale répond aux contre-tarifs imposés par Ottawa, sur fond de tensions accrues entre les deux pays voisins.
Le conflit commercial entre Washington et Ottawa a pris une nouvelle tournure drastique.
Des interdictions ciblées et des hausses de taxes massives dès septembre
Les restrictions annoncées par Washington se divisent en deux volets distincts selon leur calendrier d’application. D’une part, une surtaxe punitive de 50 % frappera une longue liste de produits dès le 15 septembre. Cette mesure concerne notamment les matelas, les bateaux à moteur et les voiturettes de golf, ainsi que divers articles en papier, des structures en acier et en aluminium, des meubles et de petits véhicules à moteur.
D’un autre côté, un second décret prononce une interdiction pure et simple d’importation pour un large éventail de biens à compter du 29 septembre. Sont particulièrement visées toutes les boissons alcoolisées — bière, vin, whisky, bourbon, rum, vodka, vermouth, tequila, mezcal et brandy — ainsi que des produits laitiers spécifiques tels que le lactosérum et les grosses motos de plus de 800 centimètres cubes.
Le boycott des alcools américains et les tensions politiques en toile de fond
Pour justifier l’interdiction frappant les alcools, le président américain a mis en avant un mouvement de boycott jugé discriminatoire. Depuis l’instauration des premières taxes douanières l’année précédente, les provinces canadiennes, qui détiennent le monopole de la vente d’alcool, ont retiré des étals la quasi-totalité des vins et spiritueux américains.
Cette fronde économique fait suite aux vifs remous provoqués par les menaces répétées de l’exécutif américain de faire du Canada le 51e État, ainsi qu’à la signature récente d’un décret visant à renommer le lac Ontario en lac d’Amérique
, une initiative qui a fortement irrité l’opinion publique canadienne.
La riposte d’Ottawa et le calcul économique du premier ministre Mark Carney
Ces décisions américaines surviennent directement après l’entrée en vigueur de nouveaux droits de douane canadiens ciblant environ 20 milliards de dollars de marchandises américaines, soit une petite fraction des exportations des États-Unis vers leur voisin du nord.

Dans une allocution diffusée sur YouTube le 8 septembre, le premier ministre canadien Mark Carney a incité ses concitoyens à faire preuve de persévérance face à cette crise ouverte avec le premier partenaire commercial du pays.
Le dirigeant a toutefois reconnu que cette réorientation stratégique comporterait des répercussions financières immédiates, tout en insistant sur le fait que le coût de l’immobilisme
serait considérablement plus lourd pour l’avenir de l’économie nationale.
L’inquiétude des filières agricoles et industrielles face à l’escalade
Du côté des secteurs touchés, l’inquiétude grandit face à l’enlisement du dialogue. Les Producteurs laitiers du Canada ont qualifié la situation de profondément préoccupante, rappelant que l’industrie respecte l’ensemble de ses engagements commerciaux transfrontaliers.

Les observateurs redoutent par ailleurs que cette spirale protectionniste ne finisse par fragiliser durablement l’accord de libre-échange unissant les États-Unis, le Mexique et le Canada. Un haut fonctionnaire américain a néanmoins confirmé que le représentant au Commerce Jamieson Greer et le ministre canadien Dominic LeBlanc restaient en communication active afin d’explorer de potentielles issues diplomatiques, bien que le maintien d’une surtaxe à 50 % sur l’industrie automobile demeure programmé pour le 1er janvier.
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