Cette situation alimente les craintes inflationnistes et renforce les anticipations d’une hausse des taux d’intérêt de la Réserve fédérale.
Repli marqué à Wall Street face à l’énergie et aux taux
Les marchés financiers américains ont entamé cette semaine écourtée par le férié du Día del Trabajo sous le signe de la baisse. L’indice Dow Jones de Industriales a cédé un 1,17% pour s’établir à 52.787,53 points, tandis que le S&P 500 a reculé de un 0,55% à 7.676.14 points et que le Nasdaq Composite a perdu un 0,32% pour terminer à 26.421,41 points.
Cette orientation négative reflète la double pression exercée par l’encarechissement des coûts énergétiques et l’incertitude entourant la prochaine réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale, prévue à la mi-septembre. Selon José Torres, analista de la plataforma Interactive Brokers, l’augmentation des tensions géopolitiques au Moyen-Orient pèse sur le moral des investisseurs à Wall Street.
Les analystes soulignent que l’augmentation des prix de l’énergie accroît directement les coûts de production des entreprises. Les structures de plus petite taille subissent particulièrement ces répercussions, car elles disposent généralement de moins d’outils pour compenser les pressions macroéconomiques, a indiqué José Torres.
Tensions au Moyen-Orient et flambée des cours du pétrole
La dégradation du climat boursier trouve en grande partie son origine dans l’escalade militaire au Moyen-Orient. Le conflit a connu de nouveaux soubresauts après des attaques menées par les rebelles houthis du Yémen contre des installations énergétiques dans le sud de l’Arabie saoudite, touchant notamment les régions d’Abha, Khamis Mushait et Jizan. Ces frappes ont provoqué des incendies et contraint plusieurs usines à suspendre leurs activités, tandis que la coalition menée par Riyad a promis une riposte rigoureuse.
Sur un autre front, la confrontation directe entre les États-Unis et l’Iran a continué de perturber les flux maritimes. En fin de semaine précédente, la marine américaine a détruit trois navires iraniens en représailles à des tirs de missiles dirigés contre des bâtiments de guerre qui patrouillaient dans la région.
Les répercussions sur les marchés pétroliers ont été immédiates.
L’ombre de l’inflation et les décisions de la Réserve fédérale
La perspective d’une énergie durablement plus chère ravive les inquiétudes inflationnistes à un moment charnière pour la politique monétaire américaine. La publication récente des chiffres de l’emploi pour le mois d’août a surpris les investisseurs : l’Oficina de Estadísticas Laborales de EEUU a enregistré la création de 162 000 emplois non agricoles, soit près du triple des prévisions initiales, tandis que le taux de chômage est demeuré stable au 4,1%.

Ce dynamisme inattendu du marché du travail, conjugué à des tensions sur les prix, conduit les marchés à réévaluer la trajectoire des taux directeurs. D’après l’outil FedWatch de CME, la probabilité d’une hausse d’un quart de point de pourcentage lors de la réunion de septembre s’établit désormais aux alentours de environ 60%.
Michael Feroli, analystes de JPMorgan, a indiqué que l’on prévoit une hausse mensuelle de 0,21 % de la prochaine inflation sous-jacente, qui sera probablement suffisamment faible pour que la Réserve fédérale maintienne ses taux inchangés au moins jusqu’après la réunion de septembre.
Les investisseurs restent donc dans l’expectative, partagés entre la solidité affichée de l’économie réelle et le risque persistant d’un choc énergétique importé de l’étranger.
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