La sonde spatiale conjointe de l’Agence spatiale européenne et de l’Agence d’exploration aérospatiale japonaise, BepiColombo, entame sa phase d’approche finale après un périple de huit ans dans le système solaire interne, marquant une étape cruciale vers son insertion en orbite autour de Mercure en novembre 2026.
Après près de huit ans de voyage à travers l’espace, la mission BepiColombo aborde sa séquence d’arrivée la plus délicate. Conçue comme un empilement complexe de trois véhicules spatiaux, la mission conjointe menée par l’Agence spatiale européenne (ESA) et l’Agence d’exploration aérospatiale japonaise (JAXA) a franchi une étape majeure en se séparant de son module de propulsion, le Mercury Transfer Module (MTM). Cette manœuvre s’est déroulée à une distance de 63 millions de kilomètres du Soleil, soit moins de la moitié de la distance qui sépare la Terre de notre étoile, dans une zone caractérisée par des températures extrêmes et un rayonnement solaire intense.
Séparation du module de propulsion et risques technologiques
Le largage du module de transfert, devenu une masse morte après avoir fourni l’impulsion ionique nécessaire durant le long voyage de croisière, représente un défi opérationnel sans précédent. Ignacio Tanco, responsable des opérations de mission pour le système solaire interne à l’ESA, a souligné que l’opération équivalait à lancer un nouveau vaisseau spatial tout en comportant un risque considérable de défaillance, selon les déclarations rapportées par Ars Technica.
Désormais, les deux orbiteurs scientifiques restants — le Mercury Planetary Orbiter (MPO) pour l’Europe et le Mercury Magnetospheric Orbiter (Mio) pour le Japon — doivent assumer eux-mêmes la production d’énergie, la propulsion, le pointage et le contrôle thermique. Cette transition repose sur de nouveaux capteurs et mécanismes intégrés au système de contrôle d’attitude, dont le bon fonctionnement ne pouvait être vérifié qu’après la séparation effective des structures.
De plus, cette séparation libère enfin plusieurs instruments scientifiques majeurs, incluant les caméras principales de la mission, qui étaient jusqu’alors totalement masquées par le module de propulsion pendant toute la phase de transit.
Un itinéraire modifié par des contraintes de propulsion
Le calendrier actuel de la mission résulte d’ajustements indispensables.

Pour apprivoiser l’immense attraction gravitationnelle du Soleil, qui accélère tout corps se dirigeant vers l’intérieur du système solaire, la sonde a dû emprunter un chemin de patience. Au lieu d’un vol direct, le périple a englobé de multiples manoeuvres d’assistance gravitationnelle, comprenant un survol de la Terre, deux passages près de Vénus et six survols de Mercure, combinés à l’action continue des propulseurs ioniques.
Calendrier des opérations d’insertion et de largage des orbiteurs
La séquence d’arrivée se déroule désormais selon un calendrier rigoureux orchestré par les agences spatiales, menant de la capture gravitationnelle initiale jusqu’au début effectif de la phase scientifique, d’après les données de l’Agence spatiale européenne.
| Date | Étape de la mission |
|---|---|
| 3 septembre 2026 | Séparation du module de transfert (MTM) et prise en charge par les propulseurs du MPO. |
| 21 novembre 2026 | Capture des orbiteurs MPO et Mio en orbite polaire autour de Mercure en tant que pile conjointe. |
| 9-10 décembre 2026 | Le MPO libère le module Mio sur son orbite polaire elliptique finale. |
| 16 décembre 2026 | Le MPO largue son bouclier thermique (MOSIF) et descend vers sa propre orbite de travail. |
| 10 mars 2027 | Arrivée du MPO dans son orbite définitive. |
| 6 avril 2027 | Lancement officiel de la phase scientifique de la mission. |
Une double perspective scientifique sur le plancher et la magnétosphère de Mercure
Seules deux missions spatiales ont précédé BepiColombo autour de la planète la plus proche du Soleil : la sonde Mariner 10 de la NASA au milieu des années 1970, qui s’est contentée de survols rapides, et la sonde MESSENGER, qui a orbité autour de l’astre entre 2011 et 2015. BepiColombo devient ainsi le troisième visiteur de l’histoire de l’exploration de Mercure et le deuxième seulement à s’y mettre en orbite, selon les précisions rapportées par Gizmodo.

L’originalité de la configuration actuelle réside dans la séparation future des deux plateformes scientifiques. L’orbiteur européen MPO se concentrera sur l’analyse détaillée de la surface, de la structure interne et de l’histoire géologique de la planète, tandis que l’orbiteur japonais Mio étudiera l’environnement magnétique, analysant les interactions complexes entre le vent solaire et les particules chargées environnantes, comme le détaille HotHardware.
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