Les chercheurs estiment que cette cartographie mondiale de la résistance thermique offre aux gouvernements un outil concret pour cibler leurs efforts de préservation.
Pendant des années, le récit dominant autour des récifs coralliens s’est résumé à un déclin inévitable.
Une cartographie mondiale des refuges coralliens identifie 165 000 kilomètres carrés de récifs résilients
Pourtant, une étude d’envergure baptisée 50 Reefs Plus vient nuancer ce tableau sombre. En s’appuyant sur plus de 45 000 relevés coralliens et sur des décennies de données climatiques et océaniques, les scientifiques ont dressé une carte mondiale des refuges coralliens. Ces zones totalisent environ 165 000 kilomètres carrés de récifs présentant le plus fort potentiel de survie et de récupération face aux changements climatiques, à condition d’être adéquatement protégés.
D’après allafrica.com, ces récifs résilients se répartissent à travers 71 pays et 100 territoires.
Elle a ajouté que cette démarche scientifique peut servir de catalyseur pour transformer les engagements politiques envers les océans en actions concrètes pour les récifs coralliens, selon la même source. La Wildlife Conservation Society (WCS) s’appuie désormais sur ces analyses pour orienter sa stratégie de conservation pour la période 2025-2030, avec l’objectif d’accompagner des engagements nationaux visant à protéger plus de 100 000 kilomètres carrés d’écosystèmes côtiers.
La stabilité à long terme des récifs indonésiens et le seuil critique de stress thermique
À l’échelle régionale, l’Indonésie abrite le système de récifs coralliens le plus vaste et le plus diversifié au monde, s’étendant sur plus de 32 000 kilomètres carrés à travers l’archipel.
Les résultats indiquent que sur les 32 emplacements étudiés, 26 n’ont affiché aucun changement global significatif de la couverture de corail dur, tandis que deux ont enregistré une augmentation et quatre ont connu un déclin. Cette stabilité apparente s’est maintenue malgré une hausse marquée des températures de surface de la mer entre 1985 et 2023, les eaux de l’est de l’Indonésie se réchauffant le plus rapidement.
Cependant, les chercheurs appellent à la prudence. Des pics thermiques nets ont été documentés en 1998, 2010 et 2016, suivis de conditions constamment plus chaudes depuis 2020. De plus, la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) a confirmé le quatrième épisode mondial de blanchissement des coraux, signalant que le stress thermique a touché environ 84.4% des récifs coralliens de la planète entre janvier 2023 et septembre 2025.
Le seuil de 12 degrés-semaines de chaleur menace la résistance des coraux
L’analyse détaillée des données indonésiennes montre que les coraux supportent un stress thermique faible à modéré, mais que la couverture corallienne chute brutalement dès lors que le cumul thermique franchit un seuil critique d’environ 12 degrés-semaines de chaleur (DHW, pour degree-heating weeks). Cette unité combine l’intensité de l’anomalie thermique et sa durée.
theconversation.com note que si les zones marines protégées ne peuvent pas empêcher le réchauffement des océans, leur statut de protection aide à atténuer les pressions locales — telles que la pollution, la sédimentation et la pêche destructive — et favorise ainsi les perspectives de récupération après un blanchissement.
Pour les décideurs politiques et les scientifiques, l’enjeu consiste désormais à intégrer ces données de résilience dans la planification spatiale marine. Dr Joseph Maina, chercheur en sciences coralliennes à Macquarie University, a souligné que cette approche modifie la perspective de la recherche environnementale, ajoutant que ce travail modifie la donne en ne se demandant plus seulement quand les récifs risquent de disparaître, mais en déterminant là où ils peuvent persister et où l’action peut faire la plus grande différence.
Dr Joseph Maina, a senior author of the study and coral scientist at Macquarie University, via allafrica.com
Dans l’océan Indien occidental, par le biais de processus régionaux comme la Convention de Nairobi, les pays développent déjà des plans spatiaux marins fondés sur ces probabilités de survie. Les données révèlent par exemple que près de 45% des récifs tanzaniens se situent parmi les 30% les plus résilients au monde, contre 31% au Mozambique, 27% à Madagascar et 22% au Kenya, orientant ainsi les priorités d’investissement vers les zones où les récifs ont le plus de chances de persister face au réchauffement global.
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