Échec de la mission de sauvetage du télescope Swift de la NASA

La mission de sauvetage du télescope spatial Swift de la NASA, confiée à Katalyst Space Technologies pour un montant de 30 millions de dollars, n’a pas atteint son objectif principal en raison de graves problèmes de contrôle d’altitude. L’observatoire, en orbite depuis novembre 2004, fait face à une désintégration atmosphérique probable d’ici la fin de l’année.

L’Agence spatiale américaine et la start-up Katalyst Space Technologies ont abandonné leur tentative robotique visant à capturer et rehausser l’orbite du télescope Neil Gehrels Swift Observatory avant qu’il ne chute définitivement de l’espace. Le projet, caractérisé par un calendrier extrêmement serré de neuf mois, s’est heurté à des défaillances techniques majeures survenues quelques semaines après le lancement du vaisseau de secours LINK.

Les défaillances techniques du vaisseau LINK en orbite

Lancé le 3 juillet à bord d’une fusée Pegasus XL depuis l’atoll de Kwajalein, le vaisseau LINK — d’une taille comparable à un réfrigérateur et équipé de propulseurs électriques au xénon — semblait initialement fonctionner correctement. Toutefois, la situation s’est détériorée à la fin du mois de juillet. Selon le rapport de l’agence, deux des trois roues de réaction du engin, indispensables pour stabiliser et orienter l’appareil sans consommer continuellement de carburant, ont cessé de fonctionner.

Le système de propulseurs à gaz froid a également perdu une partie de ses fonctionnalités.

Vous savez, ce n’est pas le résultat que nous voulions, mais je pense qu’il est très important de reconnaître l’échelle sans précédent. C’était une mission ambitieuse, à haut risque et à haute récompense, où nous avons conçu, construit et lancé un robot spatial en neuf mois. Jared Isaacman, administrateur de la NASA

Un contrat de 30 millions de dollars et un calendrier sous haute tension

La complexité de l’intervention reposait sur la nature même du télescope, qui n’avait jamais été conçu pour être réparé en orbite. En septembre 2025, la NASA avait attribué un contrat de 30 millions de dollars à Katalyst Space Technologies pour concevoir, tester et lancer en moins d’un an le robot de dépannage. Katalyst a souligné que ce délai record avait exigé des arbitrages difficiles et l’acceptation de risques techniques inhabituels.

Échec de la mission de sauvetage du télescope Swift de la NASA
Photo: arstechnica.com

Le télescope Swift, en service depuis plus de vingt et un ans pour l’étude des sursauts gamma et des phénomènes transitoires rapides, subissait une accélération de sa décélération orbitale en raison de l’activité solaire accrue. Cette dernière provoque un réchauffement et une dilatation de la haute atmosphère terrestre, augmentant la traînée aérodynamique sur le satellite.

Reprise des observations scientifiques et perspectives de réentrée

Malgré l’abandon de la capture et du rehaussement d’orbite, la mission de LINK n’est pas totalement achevée. Les équipes prévoient de tenter un rendez-vous et des opérations de proximité pour tester les technologies de service en orbite sans contact physique, afin d’engranger un maximum de données techniques pour l’avenir de l’industrie spatiale américaine.

NASA’s Neil Gehrels Swift Observatory, shown in this artist’s concept, has orbited Earth for more than 20 years, studying
Photo: Universetoday

De son côté, l’équipe de Swift a réactivé le 26 août les télescopes ultraviolets/optiques et à rayons X qui avaient été mis en veille en février pour réduire la traînée atmosphérique. Le troisième instrument, le télescope d’alerte aux sursauts (BAT), devrait reprendre ses collectes de données dans les semaines à venir. La NASA anticipe que l’observatoire descendra sous le seuil critique des 300 kilomètres dans un délai de un à deux mois, ce qui conduira vraisemblablement à une réentrée incontrôlée dans l’atmosphère terrestre d’ici la fin de l’année.

Nasa's Swift Rescue Mission

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