Les négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis ont échoué, entraînant l’entrée en vigueur de droits de douane américains de 50 % sur des milliards de dollars de marchandises canadiennes. En réponse, le Premier ministre canadien Mark Carney a annoncé des mesures de rétorsion équivalentes au dollar près, marquant une nouvelle escalade entre les deux pays.
L’effondrement des discussions à Washington et l’entrée en vigueur des surtaxes
Les pourparlers menés à Washington entre les délégations canadienne et américaine se sont soldés par un échec, brisant l’espoir d’un compromis de dernière minute. Les nouveaux droits de douane américains de 50 % sont entrés en vigueur samedi à 00 h 01, après que les deux camps ont quitté la table des négociations sans entente. Ce revirement fait suite à une brève période de sursis de trois jours accordée par l’administration américaine, qui n’aura pas suffi à apaiser les tensions persistantes.
Selon les données transmises par Ottawa, ces surtaxes massives frappent 28 milliards de dollars de produits canadiens. La liste des secteurs touchés comprend notamment du contreplaqué, des équipements électriques, des boissons alcoolisées ainsi que du matériel de hockey. Le ministre canadien responsable du Commerce avec les États-Unis, Dominic LeBlanc, avait pourtant prolongé ses efforts dans la capitale américaine jusqu’aux dernières heures de la semaine pour tenter d’arracher un accord.
Un compromis manqué de peu sur l’acier, l’aluminium et l’automobile
Quelques heures avant la rupture des pourparlers, un terrain d’entente semblait pourtant à portée de main. Les discussions préliminaires avaient esquissé un projet d’accord prévoyant de ramener à 25 % les droits américains sur certains produits canadiens en acier et en aluminium, tout en réduisant à 15 % ceux frappant les constructeurs automobiles. Des progrès avaient également été enregistrés concernant le bois d’œuvre, avec l’évocation d’une suppression au 1er septembre du droit de 10 % imposé au titre de l’article 232.

En contrepartie, Ottawa devait lever certaines mesures de rétorsion adoptées depuis le début du conflit commercial, en particulier les droits appliqués aux véhicules américains. Toutefois, Washington exigeait en parallèle des concessions substantielles sur l’accès des produits laitiers américains au marché canadien et le retour des alcools américains dans les rayons des provinces. Ce dernier point constituait un obstacle majeur, la distribution des boissons alcoolisées relevant des compétences provinciales et non du seul gouvernement fédéral.
Accusations mutuelles et divergences entre Ottawa et Washington
La rupture finale s’explique par des accusations croisées sur la modification des termes de l’accord en fin de parcours. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a reproché à Ottawa d’avoir refusé de conclure l’entente selon les modalités arrêtées plus tôt dans la semaine, introduisant de nouvelles exigences de dernière minute.

De son côté, le Premier ministre canadien Mark Carney a rejeté la responsabilité de l’échec sur l’administration américaine, qualifiant les modifications de dernière minute d’injustes et remettant en cause la fiabilité de tout engagement.
Mark Carney, Premier ministre canadien, a déclaré que les modifications de dernière minute apportées par les États-Unis aux conditions proposées étaient injustes, non économiques et remettaient en question la fiabilité de tout accord.
La riposte canadienne et les perspectives économiques pour l’industrie
Face à l’application de ces surtaxes, le gouvernement canadien a immédiatement confirmé une riposte proportionnée. Mark Carney a ainsi affirmé que le Canada imposera des droits de douane équivalents, au dollar près, ciblant notamment l’acier et les produits laitiers américains à compter du 8 septembre.
D’après l’analyse de Julien Frédéric Martin, professeur d’économie à l’ESG UQAM, l’impact immédiat de ces tarifs douaniers de 50 % demeure circonscrit, ne frappant qu’environ 5 % des exportations canadiennes vers les États-Unis. Les répercussions les plus visibles devraient se faire sentir dans l’électronique, la plasturgie et l’ameublement. Reste que l’engrenage des représailles risque d’alimenter une incertitude durable pour les échanges transfrontaliers.
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