La République démocratique du Congo fait face à une flambée épidémique d’une ampleur inédite de la maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo, déclarée le 15 mai 2026. L’Organisation mondiale de la santé et les agences sanitaires s’efforcent de contenir la propagation rapide du virus dans plusieurs provinces, alors que le bilan humain s’alourdit.
L’épidémie de fièvre hémorragique provoquée par le virus Bundibugyo poursuit son expansion en République démocratique du Congo (RDC), touchant de plein fouet les provinces orientales du pays. Déclarée le 15 mai 2026, cette dix-septième flambée épidémique nationale dépasse déjà en intensité plusieurs crises sanitaires antérieures, selon les rapports de suivi de l’Organisation mondiale de la santé.
Une propagation intense et un bilan qui dépasse 2 000 décès en Ituri
La situation sanitaire s’est détériorée à un rythme alarmant au cours des semaines suivant l’alerte initiale. Selon les données épidémiologiques arrêtées au 9 août 2026 par le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, le cumul a atteint 4 381 cas confirmés et 2 011 décès, soit un taux de létalité s’établissant à 45,9%. La province de l’Ituri demeure l’épicentre névralgique de cette crise, concentrant 85,8% des cas et 80,6% des décès enregistrés à l’échelle nationale.
L’organisation non gouvernementale Médecins Sans Frontières (MSF) a souligné que l’épidémie a franchi des seuils critiques, avec des milliers de patients pris en charge dans les structures d’urgence. De son côté, l’Agence congolaise de presse, s’appuyant sur les bilans gouvernementaux de la mi-août, a fait état d’un dénombrement distinct de 1 561 cas confirmés pour 506 décès et 628 patients hospitalisés, illustrant la complexité et la rapidité de la collecte de données sur le terrain face à l’étendue des zones touchées.
Les défis logistiques et sécuritaires dans l’est de la République démocratique du Congo
La riposte sanitaire se heurte à des obstacles majeurs sur le terrain. L’épicentre est situé dans une zone marquée par l’insécurité, l’activité de groupes rebelles et d’importants mouvements de population le long des frontières. Selon l’Africa Centres for Disease Control and Prevention (Africa CDC), le virus a circulé de manière insidieuse pendant plusieurs semaines avant d’être officiellement identifié, accéléré par les porosités des frontières et les conflits armés dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri.

Cette situation de violence et de méfiance complique le travail des équipes médicales. En Ituri, un centre de traitement a notamment fait l’objet d’une attaque et d’un incendie criminel au cours duquel des patients ont quitté les lieux, illustrant la tension communautaire et les craintes persistantes qui entravent le traçage des contacts. Le directeur général de l’Africa CDC, Jean Kaseya, a souligné nous avons 10 pays à risque en évoquant la menace de contagion régionale qui pèse sur les États voisins.
Mobilisation financière internationale et craintes d’une crise régionale
Face à la menace d’une extension transfrontalière, la communauté internationale renforce son soutien financier et logistique. Les États-Unis ont annoncé une enveloppe supplémentaire de 38 millions de dollars, portant leur contribution totale à plus de 200 millions de dollars pour appuyer la riposte menée conjointement en RDC et en Ouganda.
Nous intensifions urgemment les opérations, mais pour l’instant l’épidémie nous dépasse. Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS
Mesures de prévention et restrictions de voyage à l’échelle internationale
La souche en cause, le virus Bundibugyo, se distingue par l’absence de vaccin approuvé ou de traitement spécifique, ce qui renforce l’importance des mesures barrières, de l’isolement rapide et de la surveillance épidémique. L’Ouganda voisin, qui a confirmé plusieurs cas sur son territoire, a notamment suspendu ses liaisons de transport public avec la RDC afin de limiter les risques d’importation du virus.
Sur le plan international, les autorités de plusieurs pays ont durci leurs contrôles.
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