Onze personnes ont péri dans des frappes aériennes israéliennes menées samedi sur le sud du Liban, marquant l’une des journées les plus meurtrières depuis l’accord de cessation des hostilités conclu en juin, selon des autorités officielles et des sources de presse internationales.
Bilan humain et frappes à Ansar et Deir al-Zahrani
La journée de samedi s’est inscrite parmi les plus violentes enregistrées au Liban depuis des mois. D’après les autorités locales relayées par la BBC, onze personnes ont perdu la vie dans des frappes ciblées dans le sud du pays. Une première attaque a touché une habitation située à la périphérie d’Ansar, à environ 70 kilomètres au sud de Beyrouth, dans le district de Nabatieh, où des autorités ont indiqué que des familles déplacées vivaient. L’attaque est intervenue à environ 04:30 (01:30 GMT), et l’agence de presse étatique a rapporté que parmi les morts se trouvaient trois enfants et deux femmes.
Les services de santé libanais ont rapporté qu’une seconde vague de bombardements a frappé la localité de Deir al-Zahrani plus tard dans la matinée de samedi. Cette frappe a causé la mort de quatre personnes et en a blessé cinq autres, selon le ministère de la santé libanais, tandis que l’Agence Nationale d’Information (NNA) du Liban a indiqué qu’un total de 19 personnes ont été blessées dans les deux attaques conjuguées. Des images sur les réseaux sociaux ont montré de larges panaches de fumée grise s’élevant à travers les rues du village tandis que des sirènes retentissaient en arrière-plan. La NNA a également rapporté une série de frappes autour de la crête d’Ali al-Taher, et près de la frontière, plusieurs maisons ont été détruites à Bint Jbeil tandis que les forces israéliennes ont ouvert le feu avec des mitrailleuses lourdes en direction des habitations.
Justifications militaires et commandement du Hezbollah visé
Du côté des forces armées israéliennes, l’intervention menée à Ansar répondait à une action préalable dirigée contre des soldats israéliens sur la crête d’Ali al-Taher, une position stratégique et l’un des points les plus farouchement disputés de la guerre, surplombant une grande partie du sud-est du Liban. L’armée israélienne a affirmé avoir frappé des infrastructures terroristes du Hezbollah et avoir éliminé un commandant de bataillon de la Force Radwan du Hezbollah, nommé Ali Samir al-Haj Hassan.
Les Forces de défense israéliennes ont indiqué dans un communiqué officiel que la frappe était spécifiquement dirigée contre Hassan, qui constituait une cible légitime au regard du droit international, et non contre les membres de sa famille qu’il a utilisés comme boucliers humains en se cachant à leurs côtés à l’intérieur du quartier général militaire.

L’IDF a ajouté que plusieurs terroristes supplémentaires qui étaient impliqués dans l’avancement d’attaques terroristes contre les soldats de l’IDF ont été éliminés à ses côtés. Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a également publié une déclaration défendant la frappe de l’IDF, indiquant que l’attaque du Hezbollah avait grièvement blessé trois soldats et que la réponse avait touché le quartier général terroriste du Hezbollah qui a ordonné l’attaque. Ce n’est qu’plus tard que l’IDF a appris que le Hezbollah avait délibérément placé des civils dans ce complexe militaire, a ajouté le communiqué, affirmant que le Hezbollah est prêt à tout, y compris à utiliser ses propres civils comme boucliers humains, pour accuser faussement Israël de cibler délibérément des civils, ce que l’IDF n’a clairement pas fait.
Condamnations de l’exécutif libanais et mise en cause du cadre de juin
Les plus hautes autorités politiques du Liban ont vivement réagi à cette escalade. Le Premier ministre Nawaf Salam a fustigé l’intensification des bombardements sur les habitations et l’intimidation des résidents, qualifiant ces actes d’une matrice d’une importance extrême qui sape les efforts visant à stabiliser la situation dans le sud. Il s’est exprimé sur la plateforme X en ces termes :

Nawaf Salam, Premier ministre du Liban, a déclaré que les sept martyrs de la frappe aérienne israélienne sur la ville d’Ansar ne constituent pas une infrastructure militaire, tout comme les enfants et les femmes qui y ont été tués ne sont pas des cibles militaires, ajoutant qu’Israël doit stopper cette escalade car la sécurité de notre peuple et son droit à la vie sur sa terre ne font l’objet d’aucun négociation ni marchandage.
Dans le même sens, le président libanais Joseph Aoun a condamné les frappes israéliennes qui ont tué une famille entière à Ansar ainsi que les violations répétées du cadre d’accord conclu en juin entre les États-Unis, Israël et le Liban. Le président a estimé que ces violations constituent un message clair adressé à la voie des négociations et aux efforts américains visant à mettre en œuvre cet accord.
Ce cadre de juin prévoyait notamment le désarmement du Hezbollah, un retrait graduel des forces israéliennes de deux zones au Liban et le déploiement de l’armée libanaise dans la région. Le Hezbollah n’a pas pris part ni accepté les négociations relatives à ce cadre avec le gouvernement libanais, bien qu’il ait accepté un cessez-le-feu avec Israël entré en vigueur le 20 juin, malgré des attaques israéliennes ayant tué 20 personnes au Liban un jour plus tard. Même avec cet accord-cadre, l’armée israélienne a mené des attaques presque quotidiennement dans la zone située au nord de la rivière Litani, selon l’Associated Press, tandis que les casques bleus des Nations unies ont également noté des incursions israéliennes dans l’espace aérien libanais.
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