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Mondelez défend son maintien en Russie malgré les critiques

La position de la direction de Mondelez face aux critiques

Le géant de l’agroalimentaire Mondelez, propriétaire de la marque Cadbury, maintient ses opérations en Russie malgré les critiques internationales croissantes. Le PDG Dirk Van de Put a justifié cette décision en invoquant la protection de la chaîne d’approvisionnement et la sécurité des employés locaux, tout en affirmant l’absence de pression de la part de ses investisseurs.

La position de la direction de Mondelez face aux critiques

Le maintien des activités de Mondelez en Russie suscite une vive controverse, tant au niveau politique que sociétal. Alex Sobel, président du groupe parlementaire, a fermement condamné cette stratégie, qualifiant la poursuite des opérations de « non justifiée » au regard de la situation en Ukraine, comme le rapporte la BBC. Cette position s’inscrit dans un contexte de surveillance accrue exercée par des organismes comme le Yale Chief Executive Leadership Institute, qui maintient une liste mise à jour des entreprises opérant en Russie, classant Mondelez dans la catégorie de celles qui « gagnent du temps » ou continuent leurs opérations avec une présence réduite.

Face à ces pressions, le PDG Dirk Van de Put a défendu une ligne pragmatique. Dans un entretien relayé par la Grocery Gazette, il a affirmé que les actionnaires de l’entreprise ne manifestaient aucune opposition morale à cette présence. Il a notamment déclaré :

« Il n’y a eu aucune pression de la part des actionnaires. »Dirk Van de Put, PDG de Mondelez, via Grocery Gazette

Arguments logistiques et économiques : un dilemme complexe

Mondelez avance des arguments opérationnels pour expliquer son refus de se retirer. Selon un porte-parole de l’entreprise, une suspension des activités interromprait l’approvisionnement alimentaire pour de nombreuses familles russes qui n’ont aucune influence sur le conflit. Le groupe met également en avant la protection de ses 3 000 collaborateurs sur place et de plus de 10 000 agriculteurs dépendants de leurs activités. En droit international des affaires, le retrait d’un marché étranger complexe implique souvent une phase de « déconsolidation » ou de liquidation, un processus que les conseils d’administration considèrent comme risqué en raison de l’évolution constante de la législation russe sur les sorties de capitaux et les cessions d’actifs étrangers.

Watch CNBC's full interview with Mondelez CEO Dirk Van de Put

Le PDG a également soulevé une question stratégique concernant le devenir des actifs en cas de vente forcée. Il craint que les entreprises cédées ne tombent entre les mains de proches du Kremlin, générant des profits qui serviraient in fine l’effort de guerre russe. Ce risque de « nationalisation de fait » est une préoccupation partagée par de nombreux groupes multinationaux depuis que le décret présidentiel russe de juillet 2023 a permis le transfert temporaire de gestion d’actifs étrangers à l’Agence fédérale de gestion des biens (Rosimushchestvo).

« Je me demande ce qui est arrivé aux entreprises qui ont été vendues, qui les a eues et que font-elles avec l’argent que ces entreprises génèrent ? Elles sont toutes allées à des amis de Poutine. »Dirk Van de Put, PDG de Mondelez, via Grocery Gazette

Poids financier et comparaison sectorielle

Sur le plan financier, la part de la Russie dans les revenus mondiaux du groupe est en déclin. Elle représentait 2,8 % du chiffre d’affaires total en 2023, contre 4 % en 2022. Cette tendance à la baisse, documentée dans les rapports annuels de la société, souligne une volonté de réduire l’exposition, sans pour autant procéder à un retrait total. Mondelez, coté sur le Nasdaq, doit ainsi équilibrer ses obligations fiduciaires envers ses actionnaires avec la gestion des risques réputationnels qui peuvent influencer la valorisation boursière à long terme.

Poids financier et comparaison sectorielle
Photo: grocerygazette.co.uk

Cette situation n’est pas isolée dans le secteur des biens de grande consommation (FMCG). Le géant Unilever, sous la direction de Hein Schumacher, a également été sommé de quitter le marché russe. Bien que le dirigeant ait promis d’examiner la question avec un regard neuf, Unilever a maintenu ses activités, invoquant le risque que ses infrastructures ne soient récupérées directement ou indirectement par l’État russe. D’autres acteurs comme Danone ont, pour leur part, tenté des stratégies de cession, aboutissant à des épisodes de tensions juridiques marquées par la mise sous tutelle de leurs filiales locales par les autorités russes, un précédent qui pèse lourdement sur les décisions actuelles des conseils d’administration.

Le dilemme reste entier pour ces multinationales : concilier les exigences éthiques des marchés occidentaux et les réalités d’une présence industrielle complexe en Russie, où le risque de saisie d’actifs par les autorités locales demeure une préoccupation majeure pour les conseils d’administration, forçant ces entreprises à naviguer entre conformité réglementaire et préservation de leur intégrité opérationnelle.

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