Cette participation d’un an intervient peu après sa sortie de la liste grise, lui offrant une tribune stratégique pour porter les perspectives régionales d’Afrique australe lors des plénières et groupes de travail.
L’invitation accordée à la Namibie lui permet de prendre part aux discussions plénières et aux travaux des groupes de travail de l’organisme international sous son propre drapeau national, bien qu’elle ne dispose pas de droit de vote. Cette mesure fait suite à la sortie officielle du pays de la liste grise du GAFI le 23 juin 2026, après la mise en œuvre réussie d’un plan d’action visant à combler les lacunes de son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Une reconnaissance internationale pour la Namibie et un rôle actif au sein du GAFI
Le Centre du renseignement financier namibien a indiqué que ce siège temporaire d’un an constitue une reconnaissance manifeste des progrès accomplis par le pays pour renforcer son cadre réglementaire. Selon les précisions fournies par le directeur Bryan Eiseb, cette opportunité permettra aux autorités namibiennes d’exprimer directement leurs positions et de faire valoir l’expérience nationale en matière de criminalité financière.
Cette présence renforcée aux plénières du GAFI doit également aider la Namibie à préparer activement sa prochaine évaluation mutuelle et à consolider ses partenariats avec les acteurs internationaux. Le Centre du renseignement financier coordonnera ces travaux en étroite collaboration avec le Conseil national de lutte contre le blanchiment d’argent, dirigé par le gouverneur de la Banque de Namibie.
L’élargissement de l’Initiative des invités aux côtés de la Barbade et de la Thaïlande
L’organisation internationale a formellement intégré la Namibie, ainsi que la Barbade et la Thaïlande, dans le cadre de sa politique d’ouverture. Lancée en 2024 sous la présidence mexicaine, l’Initiative des invités vise à renforcer la cohésion du réseau mondial et à donner une plus grande voix aux régions qui comptent moins de membres permanents au sein de l’institution.
Ces trois États, qui appartiennent tous à des organismes régionaux de style GAFI, participeront ainsi aux réunions pour un cycle d’un an dès la plénière d’octobre 2026. Le président de l’institution, Giles Thomson, a souligné que cette démarche avait enrichi les discussions du GAFI au cours des deux dernières années en intégrant l’expérience concrète des juridictions participantes.
Les nouveaux venus emboîtent le pas aux Îles Caïmans, au Sénégal, au Kenya, à la Jamaïque et au Nigéria, qui avaient pris part aux sessions précédentes. Du côté de la Barbade, le procureur général Wilfred Abrahams a salué une opportunité précieuse pour peser sur la réflexion stratégique, tandis que le secrétaire général de l’Office thaïlandais de lutte contre le blanchiment d’argent, Theppasu Bavornchotidara, a mis en avant l’importance de partager les réalités de terrain de la zone Asie-Pacifique.
Mobilisation du secteur bancaire et perspectives pour l’Afrique australe
Jusqu’à présent, les pays non membres ne pouvaient s’exprimer dans les plénières que par l’intermédiaire de leurs organisations régionales, qui se limitent pour la Namibie au Groupe anti-blanchiment d’Afrique orientale et australe. La nouvelle formule offre une vitrine directe pour porter la voix de l’Afrique australe face aux menaces de flux financiers illicites transfrontaliers.
Pour garantir la portée de cette contribution, les autorités namibiennes entendent associer étroitement l’économie locale. Le pays mobilisera notamment le secteur privé et l’industrie bancaire afin que l’effort national lors des plénières reflète une approche inclusive au service du développement régional.
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