Environ 90 000 caméras connectées de la société Flock Safety quadrillent les routes américaines, suscitant une vive opposition transpartisane face à la surveillance de masse automatisée. Tandis que les forces de l’ordre défendent un outil d’enquête indispensable pour élucider les crimes, des élus et des associations civiles réclament des restrictions immédiates.
Un réseau de surveillance omniprésent mais discret sur le territoire américain
Des dizaines de milliers de caméras intelligentes se sont implantées le long des axes routiers américains sans consultation publique préalable. Selon les estimations publiques, environ 90 000 caméras de la marque Flock Safety fonctionnent actuellement à travers le pays (Zdnet), un chiffre qui témoigne de l’expansion rapide de cette technologie depuis 2018 (Nypost). Conçus pour ressembler à de simples boîtiers noirs alimentés par des panneaux solaires ou des batteries, ces appareils se fixent sur les poteaux électriques et les intersections (Zdnet).
La technologie va bien au-delà de la simple lecture de plaques d’immatriculation. À chaque passage de véhicule, les caméras capturent entre six et douze clichés fixes.
Une opposition politique transversale contre la collecte automatisée de données
Face à cette prolifération, une coalition hétéroclite d’opposants s’est constituée à travers les États-Unis, unissant des sensibilités politiques traditionnellement opposées. Chad Marlow, conseiller politique senior à l’ACLU, souligne la convergence de ces mouvements de résistance : Je pense que les gens partout au pays s’opposent à la surveillance gouvernementale de masse, mais pour des raisons différentes (Military), a-t-il déclaré.
Les libertariens perçoivent cette incursion technologique comme une violation des libertés individuelles, tandis que les partisans du mouvement MAGA y voient une illustration directe des ingérences de l’État profond (Military). De leur côté, les progressistes s’inquiètent de l’impact disproportionné de ces dispositifs sur les communautés vulnérables, et les centristes dénoncent le fichage systématique de citoyens qui ne font l’objet d’aucune poursuite (Military).
Mesures législatives et résistances locales face aux contrats contestés
La contestation s’est traduite par des actions concrètes sur le terrain. À Saranac Lake, dans l’État de New York, des protestations citoyennes ont conduit les autorités locales à résilier leur entente avec Flock Safety (Zdnet).

Au niveau fédéral, l’élu républicain Thomas Massie a annoncé le dépôt d’un projet de loi visant à couper les subventions fédérales aux administrations locales et aux services de police qui déploient ce type de caméras de surveillance (Nypost). Cette initiative législative intervient alors que des dérives ont été documentées, notamment l’arrestation de dix-huit officiers en Géorgie pour usage abusif des données du système, ainsi que des actes de vandalisme répétés commis par des opposants sur les équipements installés (Nypost).
L’argument sécuritaire et la défense du modèle par les forces de l’ordre
Les services de police et les partisans du système soutiennent quant à eux que les lecteurs de plaques d’immatriculation constituent un moyen d’investigation irremplaçable pour assurer la sécurité publique.

Notre responsabilité est d’utiliser chaque outil légal et responsable disponible pour garder notre communauté en sécurité. Chef Rondell Seratte, Département de police d’Abilene, via Reporternews
À lire aussi