Une équipe de recherche chinoise a publié une carte géologique actualisée de la Lune à l’échelle 1 :5 million. Dévoilée par l’Institut de géologie de l’Académie géologique chinoise, cette cartographie affine l’histoire lunaire, intègre les données des missions Chang’e et établit un standard cartographique national inédit pour l’exploration spatiale.
Une révision en profondeur de l’histoire géologique lunaire
L’Institut de géologie de l’Académie géologique chinoise (l’IGCAGS) a officialisé la publication de cette nouvelle carte mondiale de la Lune. Cette version représente une mise à jour scientifique majeure par rapport à l’édition précédente de 2024. Selon les responsables du projet, ce document ne se contente pas d’actualiser les données visuelles : il redéfinit les repères temporels de l’astre.
Dans le détail, les chercheurs ont procédé à un recalibrage complet des trois grandes périodes géologiques anciennes de la Lune, à savoir l’Aitkékien, le Nectarien et l’Imbrien. Pour ce faire, l’équipe s’est appuyée sur les progrès récents de la chronologie internationale.
L’apport inédit des échantillons de la face cachée de la Lune
Pour la première fois sur une carte globale de cette envergure, les données exclusives de la mission Chang’e-6 ont été intégrées. Ces analyses permettent d’explorer sous un angle inédit la géologie de la face cachée lunaire. L’agence Xinhua rapporte que cette avancée offre une base de départ renouvelée pour la recherche internationale.
La carte précise ainsi l’âge des jeunes basaltes de mer sur la face cachée, documentant l’histoire volcanique de cette zone. Parallèlement, l’élimination des bruits spectraux a révélé que les roches KREEP — riches en éléments de terres rares et en ressources stratégiques — se trouvent de manière beaucoup plus continue et abondante dans l’Oceanus Procellarum qu’on ne le pensait auparavant. Cette découverte oblige la communauté scientifique à repenser la cristallisation de l’océan magmatique primordial de la Lune et son évolution thermique interne.
Un nouveau standard cartographique pour l’exploration spatiale
Au-delà de sa portée purement scientifique, ce document mesurant 2,8 sur 1,2 mètres pose de nouveaux jalons techniques. Il répertorie très précisément plus de 13 500 cratères d’impact ainsi que 81 bassins. Pour restituer ces informations, les concepteurs ont mis au point une charte chromatique spécifique inspirée de la logique géologique et de l’esthétique traditionnelle chinoise, guidée par le principe selon lequel les teintes les plus claires correspondent aux structures les plus jeunes et les plus sombres aux plus anciennes.
Ce standard propriétaire ne s’arrêtera pas à la Lune. Les responsables du programme prévoient d’étendre cette méthode de cartographie planétaire à Mars et aux astéroïdes, marquant ainsi une volonté d’indépendance vis-à-vis des systèmes étrangers.
Yang Zhiming, directeur de l’IGCAGS, a indiqué que cela va bien au-delà de la simple démonstration de puissance douce technologique.
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