Environ 8 millions de personnes dans le monde vivent avec la maladie de Chagas, une infection parasitaire tropicale négligée qui entraîne plus de 10 000 décès par an. Selon l’Organisation mondiale de la santé, la transmission congénitale est devenue la principale voie mondiale, touchant principalement les populations d’Amérique latine et urbaines.
Les voies de transmission et la mondialisation de la maladie de Chagas
Provoquée par le parasite protozoaire Trypanosoma cruzi, la maladie de Chagas ne se limite plus aux seules zones rurales et continentales des Amériques. L’agence sanitaire mondiale indique que plus de 100 millions de personnes restent exposées au risque d’infection à travers la planète, avec des cas désormais détectés dans 44 pays, incluant le Canada, les États-Unis, ainsi que plusieurs nations européennes et de la région du Pacifique occidental.
Historiquement liée au contact avec les déjections de bugs triatomines suceurs de sang qui nichent dans les fissures des habitations précaires, la transmission s’est diversifiée. Les populations font face à des contaminations par voie orale via des aliments ou boissons contaminés par des déjections d’insectes ou d’opossums. S’y ajoutent la transmission congénitale pendant la grossesse ou l’accouchement, les transfusions sanguines, les greffes d’organes solides et les accidents de laboratoire.
Symptômes cliniques et phases d’évolution de l’infection
L’infection évolue en deux phases distinctes. La phase aiguë initiale dure environ deux mois après la contamination. Bien qu’une grande quantité de parasites circule dans le sang, les manifestations cliniques restent absentes ou modérées dans la majorité des cas. Les patients peuvent toutefois présenter de la fièvre, des maux de tête, un gonflement des ganglions lymphatiques, une pâleur, des douleurs musculaires, une gêne respiratoire, des œdèmes ainsi que des douleurs abdominales ou thoraciques.
Plus rarement, les personnes piquées manifestent des signes caractéristiques précoces, tels qu’une lésion cutanée nommée chagoma ou le signe de Romaña, qui se traduit par un gonflement violacé des paupières d’un œil. Sans dépistage précoce, la pathologie bascule vers une phase chronique où les parasites se logent principalement dans le tissu musculaire cardiaque et digestif.
Complications chroniques et stratégies de prévention sanitaire
Un à trois décennies après l’infection initiale, jusqu’à un tiers des patients souffrent de troubles cardiaques, tandis que 1 sur 10 développent des atteintes digestives, neurologiques ou mixtes, caractérisées notamment par une hypertrophie de l’œsophage ou du côlon. L’Organisation mondiale de la santé rappelle que la maladie demeure curable si le traitement antiparasitaire est administré au début de la phase aiguë.

Les stratégies de prévention s’articulent autour du dépistage des fillettes, des femmes en âge de procréer, des nouveau-nés et des frères et sœurs infectés. Les autorités sanitaires préconisent également le contrôle des insectes vecteurs, le criblage du sang avant toute transfusion ou greffe, ainsi qu’un suivi médical rigoureux pour freiner la progression de la maladie et bloquer la transmission verticale.
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