La reprise économique de la zone euro fait face au ralentissement de la plus grande économie de l’Union européenne.
L’économie allemande traverse une période de faiblesse prolongée qui continue d’affecter l’ensemble de la trajectoire macroéconomique européenne. Depuis la réunification au début des années 1990, l’Allemagne demeure la plus grande économie de l’Union européenne et de la zone euro.
Ralentissement persistant de la production et écarts de croissance avec l’Union européenne
Cette position dominante signifie que les performances du pays influencent directement ses partenaires. Lorsque la machine industrielle allemande ralentit, toute l’Union ressent le contre-coup. Les statistiques officielles soulignent cette divergence marquée au cours des dernières années. En 2025, alors que le PIB de l’UE progressait de 1,2% et celui de la zone euro de 1%, l’Allemagne n’affichait qu’une hausse modeste de 0,20%. Cette situation fait suite à des contractions successives : le PIB allemand s’était replié de 0,5% en 2024 après une baisse de 0,9% en 2023, selon les relevés statistiques de l’organisme européen.
Pour saisir l’ampleur de ce essoufflement, il faut observer la chronologie des indicateurs. Dès le milieu de la décennie 2010, et de manière manifeste à partir de 2018, la dynamique de croissance allemande a commencé à s’essouffler par rapport à la moyenne communautaire. À l’exception de l’année 2021, marquée par le rebond généralisé consécutif à la crise sanitaire du Covid-19 où l’Allemagne affichait une croissance de 3,9% contre 6,4% pour l’UE, le pays n’a cessé d’accuser un retard notable.
Évolution politique et mise en place d’un nouveau gouvernement fédéral à Berlin
Les fonctions présidentielles sont assurées par Frank-Walter Steinmeier, issu du SPD, reconduit à ses fonctions en 2022 pour un mandat de cinq ans. La population totale s’établit à 84,6 millions d’habitants en 2025.
À la suite des élections fédérales anticipées du 23 février 2025, l’alliance conservatrice de la CDU et de la CSU bavaroise, menée par Friedrich Merz, a recueilli 28,5% des voix. Elle devance l’AfD avec 20,8%, le SPD avec 16,5%, les Verts avec 11,7% et Die Linke avec 8,8%, tandis que les libéraux du FDP et le BSW de Sahra Wagenknecht n’ont pas atteint le seuil électoral de 5%.
Calendrier institutionnel et priorités programmatiques de la coalition
Le nouveau Bundestag a été constitué le 25 mars 2025, ouvrant la voie à des négociations complexes. Un contrat de coalition a été présenté le 9 avril et formellement signé le 5 mai par la CDU/CSU et le SPD. Ce texte fixe trois priorités majeures : la compétitivité de l’économie, un nouveau cap migratoire et sécuritaire intérieur, ainsi que le renforcement de la sécurité extérieure.
Cette majorité parlementaire demeure étroite, totalisant 328 sièges, avec une minorité de blocage constitutionnelle détenue par l’AfD et Die Linke au sein du Parlement. Au niveau régional, le Bundesrat réunit les représentants des seize Länder, où le SPD, la CDU/CSU et les Verts détiennent chacun environ une vingtaine de sièges sur 69, l’AfD étant exclue de toute participation gouvernementale régionale.
Handicaps structurels et orientation de la diplomatie multilatérale
Les difficultés économiques actuelles font écho aux analyses historiques menées sur le pays. Les observateurs pointent de longue date de lourds handicaps structurels, parmi lesquels un déficit démographique prononcé, le coût persistant de la réunification et un coût du travail élevé que ne compense plus une productivité suffisante.
Parallèlement, sur la scène internationale, Berlin maintient un attachement constant au cadre multilatéral. L’Allemagne constitue le quatrième contributeur au budget annuel de l’ONU, finançant un peu plus de 6% de l’organisation, et revendique depuis 2005 un siège de membre permanent au Conseil de sécurité, tout en soutenant l’intégration européenne et le renforcement des alliances au sein de l’OTAN face aux tensions géographiques en Europe, selon la source diplomatique officielle.
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