La Russie cible désormais les couloirs maritimes ukrainiens en mer Noire en mer Noire en faisant peser un climat d’insécurité, selon des analyses et des rapports récents. Cette stratégie, qui rappelle les méthodes de l’Iran dans le détroit d’Ormuz, perturbe profondément les exportations de céréales et pousse les transporteurs à modifier leurs itinéraires.
L’Ukraine a multiplié cet été les attaques contre plusieurs navires de fret russes en mer Noire, ce qui a entraîné de lourdes pertes pour l’économie russe, selon les informations rapportées par Expressen. L’État russe ne prend plus le risque de transporter du blé, du pétrole et d’autres produits d’exportation depuis ses ports situés sur la mer d’Azov. Face à cette situation, Moscou a riposté en août en menaçant directement une route maritime ukrainienne spécifique dans l’ouest de la mer Noire.
Une menace calculée sur la route maritime occidentale
Plutôt que d’opter pour un blocus total ou un minage physique de la zone, la tactique russe mise sur la dissuasion par le risque permanent.
Ils n’ont pas besoin de fermer le chenal complètement, ils ont juste besoin de le rendre dangereux. Michael Clarke, analyste chez Sky News
En juillet, de multiples frappes ont visé le couloir ukrainien dans l’ouest de la mer Noire, causant des dommages matériels et logistiques importants pour Kiev.
L’impact sur les exportations agricoles et les grands armateurs
L’Ukraine demeure l’un des greniers à blé majeurs de l’Europe, se concentrant principalement sur la production de maïs et d’oléagineux. Pour l’année en cours, la production totale est estimée à environ 81 miljoner tonnes, un volume supérieur à celui de l’année précédente. Depuis le début du conflit, Kiev parvenait à acheminer d’importantes cargaisons le long de la côte occidentale de la mer Noire, en direction du détroit du Bosphore et de la Méditerranée.
Un parallèle manifeste avec le détroit d’Ormuz
Les similitudes entre les méthodes russes actuelles et la posture de l’Iran dans le détroit d’Ormuz s’avèrent frappantes. Dans le golfe Persique, Téhéran n’a jamais eu besoin de placer des mines ou de bloquer physiquement l’ensemble du détroit pour paralyser le trafic. La simple anticipation du danger suffit à modifier les comportements des armateurs et à geler en pratique la navigation commerciale.
L’incertitude liée aux risques d’attaques pèse lourdement sur la viabilité des liaisons maritimes ukrainiennes, faisant peser une menace durable sur les approvisionnements alimentaires mondiaux.
Pour aller plus loin