Cette accalision militaire, conjuguée à des signaux diplomatiques prudents, a apaisé les craintes d’une perturbation prolongée du détroit d’Ormuz, ramenant le Brent sous la barre des 85 dollars le baril.
La suspension des frappes et la baisse des marchés
Les prix du brut ont enregistré un net repli lors des premiers échanges de la semaine en Asie, après une décision de la Maison-Blanche de suspendre temporairement ses opérations militaires contre l’Iran. Le président américain Donald Trump a appelé à une pause dans les frappes prévues, invoquant des discussions en cours avec les dirigeants de la région et l’espoir d’une issue négociée au conflit.

Cette détente apparente a immédiatement détendu les cotations internationales. Ce mouvement correctif intervient après un mois de juillet particulièrement volatil, marqué par une flambée des cours de plus de 20 pour cent en raison des risques d’asphyxie des routes maritimes du Moyen-Orient.
Tensions persistantes dans le détroit d’Ormuz et en mer Rouge
Malgré l’arrêt temporaire des bombardements mutuels entre les forces américaines et iraniennes, les analystes demeurent extrêmement circonspects quant à la pérennité de cette accalmie.
Le nœud gordien de la crise reste le détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en hydrocarbures. Bien que Téhéran ait entamé des discussions indirectes et rejeté certaines propositions régionales tout en suggérant des formules de réouverture partielle sous contrôle local, le trafic de pétroliers à travers le passage stratégique reste très limité. En parallèle, la situation en mer Rouge demeure hautement inflammable : les milices houthis du Yémen ont intensifié leurs actions et ont notamment pris pour cible des infrastructures dans les ports saoudiens de Jazan et Yanbu, provoquant l’arrêt temporaire de la raffinerie de Jizan gérée par Saudi Aramco.
Le scepticisme des analystes face à la diplomatie pétrolière
Du côté des marchés, les professionnels rappellent que les précédents cessez-le-feu de courte durée n’ont jamais résisté aux réalités du terrain. Ole Hvalbye, analyste chez SEB Research, a résumé ce climat de défiance en déclarant : Nous sommes passés par là de multiples fois depuis mars, et chaque rebond alimenté par une fuite dans la presse s’est évanoui à mesure que le contenu substantiel peinait à se matérialiser.
Dans le même sens, John Evans, analyste chez PVM, estime que les prix du pétrole ne pourront s’orienter durablement à la baisse qu’en cas de contraction significative de la demande mondiale, et non à cause de micro-trêves jugées trop fragiles. Les observateurs continuent de surveiller de près les indicateurs macroéconomiques, notamment en provenance de Chine, où les importations de brut ont touché des plus bas de plusieurs années, offrant un contrepoids involontaire aux tensions géographiques qui pèsent sur l’appareil productif mondial.
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