Maroš Žilinka Conteste la Sanction de Peter Pellegrini Contre Pavol Gašpar

Le procureur général Maroš Žilinka a déposé, le 28 juillet 2026, un recours visant à annuler une sanction disciplinaire imposée par le président Peter Pellegrini au directeur du Service slovaque de renseignement (SIS), Pavol Gašpar. Žilinka conteste la légalité de cette décision, prise suite à un accident de la route survenu en 2025.

L’intervention du procureur général transforme un simple litige administratif en un bras de fer institutionnel. Maroš Žilinka demande que la décision présidentielle du 5 mars 2026 soit supprimée dans son intégralité car elle serait illégale. Selon le procureur, le président a violé les dispositions de la loi sur le service d’État concernant les membres de la police, du SIS, du corps des gardes pénitentiaires et de la police ferroviaire.

Les griefs de Maroš Žilinka contre la décision présidentielle

Le procureur général ne se contente pas d’une critique globale ; il détaille des manquements procéduraux précis. Il reproche d’abord au président l’absence de définition claire de l’infraction. Le dispositif de la décision se contenterait d’imposer une sanction sans que le fait par lequel l’infraction disciplinaire a été commise ne soit explicitement identifié, rendant ainsi l’acte interchangeable avec un autre fait.

Le président de la République slovaque, en tant qu’autorité administrative agissante, a indiqué dans le dispositif de la décision qu’il imposait une mesure disciplinaire au participant à la procédure, sans que le fait par lequel l’infraction disciplinaire a été commise ne soit apparent dans le dispositif de la décision, et ce, de telle manière que le fait ne puisse être confondu avec un autre fait. Maroš Žilinka, procureur général, via Topky

Au-delà de la forme, Žilinka s’attaque au fond de l’enquête. Il affirme que le président a décidé prématurément sans avoir établi avec précision l’état réel des faits ni l’étendue de la conduite illégale. Ce manque de rigueur rendrait la décision arbitraire et non susceptible de recours, faute d’un raisonnement approprié dans l’évaluation des preuves du dossier.

Enfin, le procureur souligne une incohérence financière. Il soutient que la sanction imposée pour un acte ayant les caractéristiques d’une contravention dépasse manifestement la limite supérieure de l’amende prévue par la loi spécifique pour ce type d’infraction.

L’accident de Nitra et la sanction de 15 pour cent

L’affaire remonte au 30 août 2025. Pavol Gašpar a été impliqué dans un accident de la route sur la rue Dobšinská à Nitra. Bien que les tests d’alcoolémie aient été négatifs pour les deux conducteurs et qu’aucun blessé grave ne soit à déplorer, la gestion de l’incident a suscité une vive polémique, notamment après un signalement de la coalition d’opposition SaS.

Maroš Žilinka
Photo: Aktuality

Après avoir ouvert une procédure disciplinaire en janvier, Peter Pellegrini a rendu son verdict le 5 mars 2026. Le chef du SIS a été condamné à une retenue sur salaire de 15 pour cent pendant un mois. Le président a justifié ce choix en expliquant que, si Gašpar n’était pas désigné comme le coupable principal de l’accident, il avait néanmoins enfreint le code de la route en dépassant la vitesse maximale autorisée de quatre kilomètres par heure.

Pour Pellegrini, le statut de fonctionnaire public impose des exigences plus élevées.

  • Un blâme.

Controverses sur la responsabilité et le patrimoine

L’aspect technique de l’accident reste également contesté. Matúš Harkabus, représentant légal du second conducteur, a souligné que la question centrale ne réside pas dans la nature de l’intersection, mais dans la possibilité pour Gašpar de s’insérer en toute sécurité avant la ligne continue lors de son dépassement. Harkabus a toutefois indiqué que si la sanction ne concernait que l’excès de vitesse, il ne s’y opposait pas, car cela n’empêchait pas d’engager ultérieurement la responsabilité pénale du chef du SIS si des preuves de culpabilité dans l’accident étaient réunies.

Photo: Noviny.sk

La réponse du Palais présidentiel

Face à l’offensive du procureur général, la réaction de la présidence est restée formelle et prudente. Le bureau du président a simplement déclaré que la présidence prendrait connaissance du contenu du recours dès sa réception et traiterait l’affaire de manière légale.

Photo: Štandard

Pour l’heure, le président Peter Pellegrini se trouve en visite d’État en Chine, alors que le dossier attend un arbitrage juridique sur la légalité des actes administratifs du chef de l’État.

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