Le transporteur maritime CMA CGM a instauré une série de surcharges de haute saison (PSS) et de frais additionnels sur plusieurs routes commerciales mondiales, effectives entre fin juin et juillet 2026. Ces ajustements tarifaires, qui touchent des liaisons stratégiques vers l’Afrique, le Canada et le Moyen-Orient, interviennent dans un contexte de tensions logistiques croissantes.
Une vague de surcharges tarifaires sur les routes mondiales
À compter du 1er juillet 2026, CMA CGM déploie une nouvelle grille tarifaire sur plusieurs axes majeurs. La compagnie a notamment introduit des frais pour marchandises dangereuses de 500 dollars par équivalent vingt pieds (EVP) pour les cargaisons en provenance d’Extrême-Orient vers l’Afrique du Sud, l’Afrique de l’Est et l’océan Indien.
Parallèlement, une surcharge de 200 dollars par conteneur est appliquée aux marchandises sèches reliant l’Europe du Nord au Moyen-Orient, à la mer Rouge et au sous-continent indien. Selon IndexBox, ces mesures visent à maintenir l’efficacité opérationnelle du réseau mondial de l’armateur face aux perturbations actuelles. Dans le secteur du transport maritime, les “Peak Season Surcharges” (PSS) sont des mécanismes tarifaires que les armateurs utilisent traditionnellement pour réguler la demande lorsque les capacités de transport sont proches de la saturation. Ces frais permettent aux transporteurs de couvrir les coûts opérationnels supplémentaires engendrés par la gestion des flux, notamment le repositionnement des conteneurs vides et l’affrètement de navires additionnels.
Impacts critiques sur les importateurs sud-africains
Le marché sud-africain exprime une vive inquiétude face à ces hausses cumulées. La South African Freight and Logistics Association (SAFLA) souligne que ces frais additionnels, combinés à la volatilité des devises et à la faiblesse de la demande intérieure, pèsent lourdement sur les entreprises.

“Pour les importateurs déplaçant des volumes réguliers de conteneurs de 40 pieds depuis la Chine et l’Extrême-Orient, une surcharge de 500 dollars par conteneur se traduit rapidement par une augmentation importante et non budgétisée du coût de revient.”
L’association précise que, lorsqu’on ajoute à ces surcharges les droits de douane, la TVA et les coûts logistiques locaux, l’impact réel pour l’importateur dépasse largement le montant nominal en dollars. Les exportateurs locaux craignent également que ces coûts ne rendent leurs produits moins compétitifs sur la scène internationale, alors que le secteur manufacturier dépend étroitement des matières premières importées. La situation en Afrique du Sud est exacerbée par les défis infrastructurels portuaires, où l’efficacité des terminaux reste un point de friction majeur pour les armateurs internationaux, influençant parfois la fréquence et le coût des escales.
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Modifications complexes sur les lignes transatlantiques et africaines
Sur les liaisons reliant Taïwan au Canada, la structure tarifaire est particulièrement dynamique, avec trois paliers de prix distincts. Container News rapporte que pour les conteneurs de 40 pieds, le tarif passera de 2 530 dollars (entre le 15 et le 30 juin) à 2 000 dollars début juillet, avant de bondir à 4 000 dollars à partir du 10 juillet 2026.

| Période | 20′ (Taïwan-Canada) | 40′ (Taïwan-Canada) |
|---|---|---|
| 15-30 juin | 2 065 USD | 2 530 USD |
| 1-9 juillet | 1 800 USD | 2 000 USD |
| Dès le 10 juillet | 3 600 USD | 4 000 USD |
En Afrique de l’Ouest, CMA CGM a également révisé sa stratégie. Après avoir imposé des frais spécifiques entre le 22 juin et le 1er juillet, l’armateur a uniformisé ses surcharges à 200 dollars par EVP pour les cargaisons sèches et frigorifiques en provenance de Chine et d’Asie du Sud-Est. Cette rationalisation des coûts s’inscrit dans un effort de simplification de la tarification pour les contrats à court terme. Toutefois, cette pratique tarifaire soulève des débats au sein des instances de régulation du commerce international. Les organisations représentatives des chargeurs (les entreprises qui expédient les marchandises) contestent régulièrement la transparence de ces surcharges, arguant que leur application unilatérale par les armateurs manque parfois de préavis suffisant pour permettre une répercussion efficace sur les prix de vente finaux.
Perspectives et enjeux de la gestion des stocks
Face à ces ajustements fréquents, les entreprises sont confrontées à un dilemme stratégique. Certaines tentent d’anticiper les dates d’application en avançant leurs commandes, une pratique qui, selon la SAFLA, sature les espaces de stockage et complique les flux portuaires. À court terme, les alternatives comme le sourcing en Inde ou au Vietnam restent limitées par la complexité de la qualification des nouveaux fournisseurs et les délais de fiabilité.
Le secteur attend désormais de voir si la demande de fin d’année justifiera le maintien de ces surcharges, bien que de nombreux acteurs locaux, marqués par la morosité économique, n’anticipent aucune ruée saisonnière avant Noël. Historiquement, le secteur du transport maritime réagit aux déséquilibres entre l’offre de capacité (nombre de navires disponibles) et la demande (volume de marchandises transportées). Les récentes tensions géopolitiques dans certaines zones de navigation ont forcé les armateurs à modifier leurs routes, allongeant les temps de trajet et réduisant mécaniquement la disponibilité des conteneurs. Ces contraintes opérationnelles, bien que réelles, placent les importateurs dans une position délicate, les forçant à naviguer entre des coûts logistiques en hausse et une demande de consommation finale incertaine.
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