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États-Unis et Iran avancent vers accord historique sous médiation pakistanaise

Un accord sous tension : les conditions imposées par l'Iran

Les négociations historiques entre les États-Unis et l’Iran, médiées par le Pakistan, se sont conclues ce lundi à Bürgenstock en Suisse avec des avancées “encourageantes”, selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif. Après 18 heures de discussions, les deux parties ont formalisé une feuille de route de 60 jours pour un accord de paix, incluant un mécanisme de communication directe pour éviter les “incidents et malentendidos” dans le détroit d’Ormuz, un point de tension majeur. Les médiateurs, qui incluent le Qatar, ont souligné des progrès concrets sur les questions nucléaires, les sanctions économiques et la résolution des conflits, tout en confirmant que les équipes techniques poursuivront les discussions “durant le reste de la semaine”.

Un accord sous tension : les conditions imposées par l’Iran

Les négociations n’ont pas été sans obstacles. La délégation iranienne, dirigée par le président du Parlement Mohammad Baqer Qalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araqchi, avait temporairement quitté la table dimanche en protestation contre les menaces du candidat républicain américain Donald Trump de “réattaquer” si Téhéran ne mettait pas fin au soutien de son allié Hezbollah au Liban. Cette interruption a rappelé la fragilité des pourparlers, où chaque partie tente de préserver ses intérêts face à des dynamiques régionales complexes.

Selon le vice-président américain JD Vance, les discussions ont permis d’établir une “très bonne base” pour un accord final. Il a confirmé que le détroit d’Ormuz, stratégique pour le transport mondial de pétrole, était désormais “ouvert” après des mois de tensions, avec une baisse des prix du brut et du gaz naturel. “Nous avons vu des millions de barrils circuler qui ne le faisaient pas avant”, a-t-il déclaré, soulignant que cette réouverture était un signe concret des avancées négociées.

Un accord sous tension : les conditions imposées par l'Iran
Photo: Universidad de Chile

“Le détroit d’Ormuz est ouvert. Nous avons vu les prix du pétrole et du gaz baisser, des millions de millions de barils de pétrole et de gaz naturel circuler par le détroit d’Ormuz qui ne le faisaient pas avant.”

Cette annonce contraste avec les positions durcies de Téhéran, qui avait menacé de fermer le détroit en représailles aux attaques israéliennes au Liban. Les négociations ont également abouti à un accord pour la réouverture du pays aux inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), un pas crucial pour relancer un dialogue nucléaire interrompu depuis les frappes américaines et israéliennes de 2025. Vance a qualifié cette décision de “progrès majeurs”, tout en admettant que le chemin vers une désescalade régionale reste semé d’embûches.

Les trois piliers de l’accord : nucléaire, sanctions et Liban

Les médiateurs pakistanais et qatariens ont détaillé trois axes prioritaires pour les 60 prochains jours : la question nucléaire, le dégel des sanctions économiques et la gestion du conflit au Liban. Un comité de haut niveau, supervisé par les deux pays médiateurs, sera chargé de suivre l’application de ces engagements. Les sources confirment que Téhéran a accepté de lever certaines restrictions sur ses exportations pétrolières, une mesure qui pourrait avoir un impact immédiat sur les marchés mondiaux.

Cependant, les divergences persistent sur le programme nucléaire iranien. Alors que Vance évoque des “avancées importantes”, les détails restent flous : l’accord préliminaire de 2024, négocié sous l’égide de l’ONU, avait échoué sur des désaccords concernant la durée de la moratoire sur l’enrichissement de l’uranium (cinq ans pour Téhéran contre 20 ans exigés par Washington). Les attaques israéliennes de février 2026 ont encore compliqué le dossier, avec des craintes persistantes sur le sort des 440 kilos d’uranium hautement enrichi détenus par l’Iran.

Les trois piliers de l'accord : nucléaire, sanctions et Liban
Photo: Cooperativa – Opinión

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Sur le front libanais, où les bombardements israéliens ont fait plus de 100 morts en 48 heures selon des sources locales, l’Iran exige un cessez-le-feu immédiat comme condition sine qua non. Les médiateurs ont évoqué la création d’un groupe de travail dédié à la “résolution des controverses”, mais aucun calendrier précis n’a été communiqué pour un retrait des troupes ou un arrêt des hostilités. La menace d’une escalade régionale plane, avec des risques accrus si Hezbollah ou l’Iran perçoivent une provocation israélienne.

Un calendrier serré et des risques persistants

Les équipes techniques des deux pays doivent maintenant concrétiser les accords politiques lors de nouvelles sessions prévues “durant le reste de la semaine” à Bürgenstock. Le vice-président Vance a cependant averti que sa présence ne dépasserait pas deux jours, soulignant l’urgence de la situation. Les experts interrogés par BioBioChile estiment que le délai de 60 jours est ambitieux, compte tenu des divergences historiques entre les deux parties.

Accord Iran / USA : Une rencontre historique entre les deux pays

Un facteur aggravant réside dans les déclarations de Donald Trump, qui a menacé de “réattaquer” l’Iran si Téhéran ne met pas fin à son soutien à Hezbollah. Ces propos, tenus avant même la conclusion des négociations, ont été perçus comme une provocation par la délégation iranienne. Selon les sources pakistanaises, cette interruption a failli compromettre les discussions, rappelant que la confiance reste un enjeu majeur.

Les implications régionales : pétrole, marché et sécurité

Au-delà des enjeux diplomatiques, les conséquences économiques de cet accord pourraient être majeures. La réouverture du détroit d’Ormuz, par lequel transite 20% du pétrole mondial, a déjà entraîné une baisse des prix du brut, un signal positif pour les marchés après des mois de volatilité. Les sanctions levées sur les exportations iraniennes pourraient également stimuler l’offre, bien que les détails restent à préciser. Les analystes interrogés par La Tercera soulignent que cette dynamique dépendra de la capacité des deux parties à maintenir la stabilité dans la région.

Sur le plan sécuritaire, la création d’une ligne de communication directe entre Washington et Téhéran représente une innovation majeure. Comme l’a souligné Vance, ce mécanisme permettrait d’éviter des “incidents” comme ceux survenus en 2021, lorsque des tensions avaient conduit à une escalade militaire. Cependant, le risque persiste : si Hezbollah lance une nouvelle offensive ou si Israël répond par des frappes, les négociations pourraient être relancées. Les médiateurs ont insisté sur la nécessité de “mécanismes” pour garantir un haut le feu, mais aucun protocole n’a encore été formalisé.

Les implications régionales : pétrole, marché et sécurité
Photo: BioBioChile

“Si Hezbollah tire ou si Israël répond, il doit y avoir une communication pour savoir comment rendre la région plus sûre.”

Enfin, l’accord ouvre une fenêtre pour relancer le dialogue nucléaire, interrompu depuis le retrait des États-Unis du Plan d’action global commun (JCPOA) en 2018. Si les inspecteurs de l’AIEA peuvent à nouveau accéder aux sites iraniens, cela pourrait permettre de vérifier l’état des installations après les attaques de 2025 et 2026. Cependant, les experts estiment qu’un nouvel accord serait bien moins contraignant que le JCPOA, avec des garanties limitées sur la durée et l’étendue des restrictions.

This follows our earlier report, États-Unis et Iran : 14 points pour un cessez-le-feu et la levée du blocus.

Que se passe-t-il maintenant ? Les trois scénarios possibles

D’ici à la fin du mois de juin, trois issues se dessinent. D’abord, un succès partiel : la levée des sanctions et la réouverture du détroit d’Ormuz pourraient être consolidées, sans pour autant résoudre les tensions au Liban ou le dossier nucléaire. Ensuite, un échec négocié, où les deux parties décident de reporter les discussions en raison des obstacles persistants. Enfin, une escalade imprévue, si un incident majeur (comme une frappe israélienne sur Téhéran ou une attaque de Hezbollah) relance la spirale de la violence.

Les prochaines étapes incluent des réunions techniques à Bürgenstock, suivies probablement d’une nouvelle session de haut niveau avant la fin du mois. Le Pakistan et le Qatar, en tant que médiateurs, joueront un rôle clé pour maintenir le dialogue. Comme le souligne l’analyse de Cooperativa, la paix reste “fragile”, dépendante des équilibres internes aux États-Unis (avec les élections présidentielles de 2028 en ligne de mire) et de la capacité de l’Iran à résister aux pressions israéliennes et américaines.

Pour les marchés, les observateurs et les populations régionales, les prochains jours seront décisifs. Une confirmation des avancées d’ici à la fin de la semaine pourrait stabiliser les prix de l’énergie et réduire les risques d’un conflit ouvert. À l’inverse, un nouveau blocage relancerait les craintes d’une guerre par procuration dans le Golfe.

Une chose est sûre : après des années de tensions, cette fenêtre diplomatique est unique. Son succès dépendra autant des engagements pris aujourd’hui que de la capacité des parties à éviter les pièges du passé.

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