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Thomas Rorive acquitté du viol, condamné pour atteinte sexuelle et voyeurisme à Bruxelles

Le verdict : entre condamnation et acquittement

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné l’ancien journaliste de la RTBF, Thomas Rorive, à trois ans de prison avec un sursis de cinq ans ce mercredi 24 juin 2026. S’il a été acquitté de l’accusation de viol, il a été reconnu coupable d’atteinte à l’intégrité sexuelle et de voyeurisme.

Le verdict : entre condamnation et acquittement

Le verdict : entre condamnation et acquittement
Photo: BX1
Le verdict rendu ce mercredi par la 54e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles marque la fin d’un procès complexe impliquant l’un des anciens visages de la télévision publique belge. Thomas Rorive, qui avait été licencié pour faute grave par la RTBF, fait face à une sentence qui ne répond pas totalement aux attentes de l’accusation. Alors que la procureure avait requis une peine de six ans et six mois de détention, les juges ont finalement opté pour une peine de trois ans d’emprisonnement assortie d’un sursis simple de cinq ans. Cette décision, bien que sévère, évite la détention immédiate, une mesure que le tribunal a justifiée par l’absence d’antécédents judiciaires spécifiques et le travail thérapeutique entrepris par le prévenu. Pourtant, le tribunal a tenu à clarifier la portée de cette décision lors de la lecture du prononcé. Le sursis simple n’est ni une absolution ni un acquittement. Le président du tribunal, via BruxellesToday En plus de cette peine, l’ex-journaliste a été condamné à verser une indemnisation de 1 000 euros à l’une des plaignantes, ainsi qu’un euro symbolique à la RTBF.

L’incertitude entourant le consentement et le viol

L'incertitude entourant le consentement et le viol
Photo: Le Soir
Le point de tension majeur de ce procès résidait dans l’accusation de viol portée par une jeune femme, identifiée sous le nom de Chloé, concernant des faits survenus à son domicile en janvier 2021. Sur ce chef d’accusation précis, le tribunal a prononcé l’acquittement. Comme l’explique Le Soir, les juges ont estimé qu’il n’était pas possible d’établir avec une certitude absolue que la plaignante se trouvait dans un état l’empêchant de consentir, en raison de sa consommation d’alcool. Le tribunal a invoqué un doute raisonnable, citant notamment des déclarations contradictoires recueillies peu après les faits et l’absence d’éléments objectifs pour conclure à une incapacité de consentement. Cependant, l’acquittement pour viol n’a pas signifié l’innocence totale pour les événements de cette même nuit. Le tribunal a requalifié les faits en atteinte à l’intégrité sexuelle. D’après les éléments consignés par BX1, les juges ont établi que Thomas Rorive avait pris la main de la plaignante pour la poser sur son sexe, provoquant la surprise de cette dernière.

L’ironie des images de surveillance

L'ironie des images de surveillance
Photo: BruxellesToday
Un élément de preuve produit par la défense elle-même a fini par se retourner contre l’ancien journaliste. Pour tenter d’étayer sa version des faits et prouver le caractère consenti de la relation avec Chloé, Thomas Rorive a présenté des images issues de son propre système de vidéosurveillance. Cette stratégie s’est avérée contre-productive. En examinant ces enregistrements, le tribunal a constaté que la jeune femme y apparaissait filmée à son insu. Le prévenu a d’ailleurs reconnu qu’elle n’avait pas été informée de l’existence de cet enregistrement. Ce constat a conduit à une condamnation pour voyeurisme par enregistrement. Cette infraction s’ajoute aux deux autres chefs d’accusation d’atteinte à l’intégrité sexuelle, le second concernant une autre collaboratrice de la RTBF, Nina, lors d’une fête du personnel organisée le 22 octobre 2021.

Un modus operandi de “prédateur sexuel” ?

Un modus operandi de "prédateur sexuel" ?
Photo: RTBF
Au-delà des deux victimes directes du procès, l’enquête a mis en lumière une dimension plus systémique dans le comportement de l’ancien journaliste. Plusieurs témoignages de femmes, révélés lors de l’instruction, ont contribué à dessiner un profil inquiétant. Le juge d’instruction avait d’ailleurs qualifié l’ex-journaliste de prédateur sexuel. Selon les informations rapportées par RTBF, un modus operandi similaire aurait été observé chez plusieurs victimes, impliquant l’usage d’alcool. Les détails de l’enquête sont particulièrement troublants :
  • Des victimes ont suggéré que quelque chose aurait été ajouté dans leur verre.
  • Des enquêteurs ont découvert des somnifères au domicile de Thomas Rorive.
  • L’une des victimes présentait des traces d’un antidépresseur dans le sang lors des examens.
Tout au long de la procédure, Thomas Rorive a maintenu sa position, démentant l’intégralité des accusations portées contre lui.

Récapitulatif des faits et des condamnations

Date des faitsContexteQualification retenue
13 janvier 2021Domicile de l’ex-journalisteAtteinte à l’intégrité sexuelle et voyeurisme
22 octobre 2021Fête du personnel RTBFAtteinte à l’intégrité sexuelle
Si l’acquittement pour le viol de janvier 2021 est une victoire juridique pour la défense, la condamnation pour les autres faits souligne la gravité des agissements reconnus par la justice. L’affaire, qui a débuté par un licenciement pour faute grave, se conclut par une reconnaissance judiciaire de comportements sexuels non consentis et de pratiques de surveillance illégales.

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