Or : Baisse temporaire malgré forte demande des banques centrales

L’or sous pression, mais les fondamentaux restent solides malgré les tensions au Moyen-Orient

Par [Votre Nom], Rédacteur en chef, Section Économie, nouvelles-du-monde.com

L’or a connu une baisse significative depuis le début des récentes escalades au Moyen-Orient, chutant à environ 4 600 dollars l’once, après avoir dépassé les 5 500 dollars. Cette évolution, paradoxale au premier abord, reflète un changement macroéconomique profond plutôt qu’une remise en question des perspectives à long terme de l’or comme valeur refuge.

La flambée des prix de l’énergie, exacerbée par les tensions géopolitiques, est le principal moteur de ce repli. Les marchés anticipent une inflation plus forte et réévaluent le calendrier des baisses de taux d’intérêt. Des taux d’intérêt plus élevés pendant une période prolongée augmentent le coût d’opportunité de détenir de l’or, incitant les investisseurs à vendre. Un scénario similaire s’était produit en 2022, suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, avec une période de déclin prolongée pour le métal précieux.

Cependant, sous la surface, les facteurs structurels soutenant la demande d’or se sont renforcés. Les banques centrales, notamment en Chine et en Pologne, sont à l’œuvre, accumulant des réserves à un rythme inégalé depuis les années 1960. Plus de 20 banques centrales ont augmenté leurs avoirs en or au cours de l’année écoulée, les économies émergentes étant en tête de cette tendance. Les achats annuels ont dépassé les 1 000 tonnes pendant trois années consécutives, atteignant environ 1 045 tonnes en 2025.

Ce comportement est motivé par un changement de stratégie de réserves. Le gel des réserves étrangères de la Russie en 2022 a incité les banques centrales à reconsidérer leur exposition aux devises. L’or est devenu un élément central de la diversification des réserves, car il ne comporte aucun risque de contrepartie ni conditionnement politique. La dédollarisation progresse, bien que le dollar américain reste dominant, sa part dans les réserves mondiales diminuant progressivement au profit, entre autres, de l’or. Selon les données disponibles, environ trois quarts des banques centrales s’attendent à ce que l’or représente une part plus importante de leurs réserves au cours des cinq prochaines années.

Cette accumulation par les banques centrales resserre l’offre disponible et renforce le soutien aux prix à long terme. La demande institutionnelle et privée se renforce également, avec une prévision de 585 tonnes par trimestre en moyenne jusqu’en 2026. Les capitaux restent positionnés pour une réentrée sur le marché.

Le repli actuel est donc étroitement lié aux anticipations d’inflation et à la réévaluation des taux d’intérêt, influencées par les marchés de l’énergie. Un changement dans ces conditions pourrait rapidement modifier les perspectives à court terme. L’or a déjà franchi le seuil des 5 000 dollars ces derniers mois, soutenu par une demande soutenue plutôt que par des flux spéculatifs.

Une désescalade au Moyen-Orient apaiserait les pressions sur les marchés de l’énergie, réduirait les anticipations d’inflation et favoriserait un retour des baisses de taux. Cette combinaison soutiendrait une nouvelle dynamique haussière pour l’or, avec de nouveaux sommets historiques à portée de main. La prochaine phase de cette évolution devrait être rapide, alimentée par un retour à grande échelle des capitaux.

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