Des chercheurs de l’Université Emory ont établi un lien entre une consommation quotidienne élevée de suppléments de vitamine D et une amélioration des scores cognitifs chez des adultes souffrant de troubles du sommeil et de déficits cognitifs légers, selon une étude publiée dans Sleep Medicine.
La prise quotidienne d’une forte dose de vitamine D pourrait jouer un rôle bénéfique pour la santé cérébrale des personnes présentant des signes précoces de déclin cognitif.
Une étude menée sur des adultes confrontés aux premiers signes de vulnérabilité
Les scientifiques ont évalué un échantillon de 54 adultes âgés de 50 ans ou plus. Tous présentaient des troubles du sommeil associés à une déficience cognitive légère, connue sous l’acronyme MCI. Cette condition représente un stade intermédiaire entre le vieillissement cérébral normal et la démence, constituant ainsi une période charnière pour la prise en charge médicale. Pour mesurer les fonctions cognitives des participants, l’équipe a eu recours au test MoCA, un outil de dépistage standardisé évaluant la mémoire et les capacités de réflexion. La qualité du sommeil a quant à elle été analysée à l’aide de l’indice de Pittsburgh et de l’échelle de somnolence d’Epworth.
Un écart de performance lié aux dosages de suppléments
En analysant les déclarations des participants concernant leur consommation quotidienne de suppléments, les chercheurs ont mis en évidence une différence marquée de performance cognitive. Après avoir ajusté les résultats pour tenir compte de facteurs confondants tels que l’âge, le sexe, l’indice de masse corporelle ou le niveau d’éducation, l’équipe a constaté que les adultes absorbant au moins 5 000 unités internationales de vitamine D par jour obtenaient des scores supérieurs d’environ 13 pour cent au test MoCA par rapport à ceux ne prenant aucun complément.


L’analyse détaillée des données révèle également qu’un seuil semble nécessaire pour observer cette association. Les personnes consommant des doses quotidiennes plus faibles n’ont pas enregistré d’amélioration statistiquement significative de leurs scores cognitifs. Par ailleurs, la forme chimique du nutriment ingéré ne modifiait pas le résultat : les participants sous vitamine D2, d’origine végétale ou fongique, et ceux sous vitamine D3, produite par l’organisme sous l’effet du soleil ou trouvée dans des produits animaux, affichaient des performances similaires d’après les précisions apportées par les auteurs de l’étude.
Précautions méthodologiques et perspectives pour la recherche
Les scientifiques rappellent que cette recherche demeure observationnelle et ne permet pas d’affirmer avec certitude qu’une supplémentation en vitamine D améliore directement les capacités cognitives. De plus, le dosage de 5 000 unités internationales se situe légèrement au-dessus de la limite supérieure de sécurité généralement recommandée pour éviter les risques d’hypercalcémie. Les chercheurs insistent donc sur le fait que ces résultats ne constituent pas une nouvelle recommandation médicale universelle, mais ouvrent la voie à de futures investigations.
Victoria Pak, de l’Université Emory, a souligné que l’identification de facteurs accessibles et modifiables, tels que la prise de suppléments de vitamine D, durant les premiers stades du déclin cognitif pourrait devenir de plus en plus importante, en particulier face à la hausse continue des taux de la maladie d’Alzheimer.
L’étude souligne l’importance d’identifier des leviers simples et accessibles alors que la prévalence de la maladie d’Alzheimer continue de croître à l’échelle mondiale.
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