La guerre en Iran fait trembler l’Asie : pénuries, rationnements et craintes de crise mondiale
Par [Votre Nom], Rédacteur en chef, nouvelles-du-monde.com
L’escalade du conflit impliquant l’Iran et les récentes frappes américano-israéliennes projettent une ombre de plus en plus sombre sur l’économie asiatique, déjà fragilisée par des perturbations majeures de l’approvisionnement énergétique. Si Washington tente d’apaiser les marchés en promettant des mesures d’urgence et en levant certaines sanctions sur d’autres pays producteurs de pétrole, la réalité sur le terrain est bien plus alarmante.
Le détroit d’Ormuz, voie maritime cruciale pour environ un cinquième du trafic mondial de pétrole et de gaz, est, selon plusieurs sources, quasiment fermé à la navigation depuis près de deux semaines. Cette situation a provoqué une flambée des prix du pétrole, qui ont atteint des sommets de quatre ans avant de retomber légèrement, puis de remonter à nouveau. L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) a d’ailleurs débloqué des centaines de millions de barils de réserves d’urgence, une mesure qui a temporairement calmé les marchés, mais qui ne résout pas le problème de fond.
L’impact se fait sentir de manière aiguë à travers l’Asie, qui dépendait à 59% du Moyen-Orient pour ses importations de pétrole en 2025, selon les données de Kpler. Des pays comme le Pakistan, le Bangladesh, la Thaïlande, les Philippines, le Vietnam et même la Corée du Sud sont contraints de prendre des mesures d’urgence pour faire face à la crise.
Au Bangladesh, le gouvernement a décrété le rationnement du carburant et a même fermé les universités pour tenter de préserver les stocks. Des déploiements militaires ont été observés près des dépôts pétroliers et autour des stations-service. Au Myanmar, un système de circulation alternée basé sur les numéros d’immatriculation des véhicules a été mis en place.
La Thaïlande, quant à elle, dépense des dizaines de millions de dollars par jour pour maintenir artificiellement bas les prix à la pompe, subventionnant ainsi les consommateurs. Le Vietnam a appelé les entreprises à encourager le télétravail afin de réduire la consommation de carburant et envisage de supprimer temporairement les droits de douane sur les importations de pétrole.
Même les économies les plus robustes de la région ne sont pas épargnées. La Corée du Sud a annoncé la première limitation des prix du carburant depuis près de trois décennies. Aux Philippines, certains responsables ont opté pour une semaine de travail de quatre jours afin de réduire la consommation d’énergie.
L’Inde, après avoir obtenu une dérogation des sanctions américaines, a augmenté ses importations de pétrole russe. Cependant, des pénuries de gaz de cuisson commencent à se faire sentir, entraînant la disparition de plats chauds dans certains menus. La Chine, qui dispose des plus importantes réserves de pétrole au monde, aurait reçu des millions de barils de pétrole iranien depuis le début du conflit.
Les avertissements se multiplient. Yousef Alshammari, président du London College of Energy Economics, souligne que la situation est "très inquiétante" et que la réouverture du détroit d’Ormuz est la seule solution viable pour éviter une crise économique mondiale majeure. "Plus le détroit restera fermé, plus les stocks s’épuiseront et les prix continueront d’augmenter", prévient-il.
L’impact économique de cette crise ne se limitera pas à l’Asie. La santé économique de la région, qu’il s’agisse de la capacité des entreprises à importer ou du pouvoir d’achat des consommateurs, a des répercussions bien au-delà de ses frontières. La promesse de Donald Trump de trouver une solution rapide à cette crise énergétique reste pour l’instant une source d’incertitude pour les gouvernements, les entreprises et les citoyens asiatiques, qui se préparent à affronter une période de turbulences économiques sans précédent.
