Escalade au Moyen-Orient : Trump n’exclut pas de déployer des troupes au sol en Iran, l’opération "Epic Fury" s’enlise
Washington – L’administration Trump maintient la pression sur l’Iran, mais l’incertitude grandit quant à la durée et à l’ampleur de l’opération militaire baptisée "Epic Fury". Le président Trump a ouvertement envisagé, lundi, le déploiement de troupes américaines au sol en Iran, une option qu’il n’a pas catégoriquement écartée, contrairement à ses prédécesseurs.
"Je n’ai pas les yips concernant des bottes sur le terrain", a déclaré Trump au New York Post, soulignant sa volonté de ne pas se limiter à des options préétablies. Bien qu’il estime ne "probablement" pas avoir besoin de troupes supplémentaires, il se réserve la possibilité de les utiliser "si nécessaire".
Cette ambiguïté reflète un désaccord apparent au sein de l’administration. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a également refusé de fixer des limites lors d’une conférence de presse au Pentagone, aux côtés du chef d’état-major interarmées, le général Dan Caine. "Il serait insensé" d’annoncer publiquement les limites de l’intervention américaine, a-t-il affirmé.
L’opération "Epic Fury", lancée début mars, a déjà eu des conséquences dramatiques. L’élimination du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a plongé le pays dans une crise politique et religieuse. Selon les médias d’État iraniens, citant le Croissant-Rouge iranien, au moins 555 personnes ont été tuées dans les frappes à travers le pays, dont plus de 100 enfants, victimes d’une frappe sur une école primaire dans la ville de Minab. Les frappes israéliennes au Liban ont également fait 31 morts, selon le ministère de la Santé libanais.
Les États-Unis ont également subi des pertes. Au moins six militaires américains ont été tués lors de ripostes iraniennes, et 11 personnes en Israël ont péri lors d’attaques de missiles et de drones.
L’administration Trump semble divisée sur la durée de l’opération. Initialement présentée comme une campagne "massive et continue", elle a ensuite été qualifiée de potentiellement rapide ("deux ou trois jours") avant d’être ramenée à un horizon de "quatre à cinq semaines". Le président a finalement admis que la durée pourrait être plus longue, affirmant que "peu importe le temps, ça va".
Les objectifs de l’opération, selon Trump, sont clairs : détruire les capacités missiles iraniennes, "anéantir" sa marine, mettre fin à ses ambitions nucléaires et empêcher le régime de soutenir des groupes terroristes.
Le général Caine a souligné que les objectifs fixés par le commandement central américain (CENTCOM) "prendront du temps à atteindre" et nécessiteront un "travail difficile et minutieux". Hegseth a ajouté qu’il ne fixera "jamais de calendrier" pour la fin de la guerre, laissant entendre que la situation pourrait évoluer.
L’incertitude plane sur l’avenir de l’opération "Epic Fury" et sur la possibilité d’une escalade plus importante au Moyen-Orient.
