Bitcoin : Le Chute Libre d’une Illusion, Même Sous l’Ère Trump
Washington – La célèbre réplique du film français La Haine, « Jusqu’ici tout va bien », résonne étrangement avec l’histoire récente du Bitcoin. Une litanie rassurante répétée par ses partisans à chaque effondrement, à chaque faillite, à chaque perte colossale pour des millions d’investisseurs. Mais cette fois, l’illusion semble s’effriter plus vite que jamais.
Cette semaine, le Bitcoin a subi sa plus forte baisse depuis 2022, plongeant en dessous des 60 000 dollars, effaçant ainsi tous les gains réalisés depuis l’élection de Donald Trump en 2024. La capitalisation boursière a fondu de plus de 50% par rapport à son pic d’octobre dernier, dépassant les 127 000 dollars. Selon les données de Coinglass, plus de 1,25 milliard de dollars de positions Bitcoin ont été liquidées en seulement 24 heures.
Ce crash intervient alors que le Bitcoin était présenté comme un actif à l’abri des turbulences économiques, voire comme une alternative au système financier traditionnel. Pourtant, la réalité est bien différente. Le Bitcoin est un actif hautement spéculatif, dont la valeur repose principalement sur la confiance des investisseurs et la croyance en sa rareté numérique.
L’ironie est palpable : l’arrivée au pouvoir d’un président américain ouvertement favorable aux cryptomonnaies, Donald Trump, n’a pas suffi à enrayer la chute. Trump a mis en place un « fonds stratégique Bitcoin », gracié des criminels condamnés pour des délits liés aux cryptomonnaies et autorisé l’intégration du Bitcoin dans les plans d’épargne retraite 401(k). Il a même proclamé la fin de la « guerre contre les cryptos » menée par son prédécesseur, Joe Biden.
Pourtant, malgré ces mesures, le marché a réagi négativement. La confiance s’érode, et le nombre de « plus grands imbéciles » – ces investisseurs prêts à acheter à des prix toujours plus élevés, alimentant ainsi la bulle spéculative – semble diminuer.
Des figures emblématiques de la communauté crypto tentent de minimiser la situation. Balaji Srinivasan, ancien directeur technique de Coinbase, a ainsi tweeté, avec une conviction forcée, qu’il n’avait « jamais été aussi haussier sur les cryptos », arguant que l’ordre mondial basé sur les règles s’effondre au profit d’un ordre basé sur le code. (Voir son tweet ici : https://x.com/balajis/status/2019372825241682335).
D’autres, comme Michael Saylor, fondateur de Strategy (une entreprise qui détient plus de 713 000 Bitcoins, représentant 3,4% de la circulation totale), ont adopté une approche plus désespérée, encourageant ses followers à acheter du Bitcoin pour son anniversaire. (Voir son profil Forbes ici : https://www.forbes.com/profile/michael-saylor/). Lors d’une récente conférence téléphonique sur les résultats financiers, Saylor a insisté sur l’importance du soutien politique à l’industrie crypto, soulignant l’influence du « président Bitcoin » Trump.
Mais la réalité est que même le soutien de Trump ne peut masquer les failles fondamentales du Bitcoin. La valeur de cet actif repose sur une croyance, une spéculation, et non sur une base solide. La question n’est plus de savoir si le Bitcoin s’effondrera, mais quand.
Le Bitcoin pourrait connaître d’autres rebonds temporaires, mais la tendance générale est claire. La bulle spéculative se dégonfle, et les investisseurs commencent à réaliser qu’il n’y a pas de plancher à la valeur d’un actif basé sur du vent.
La leçon à retenir est simple : il est essentiel de comprendre les risques avant d’investir dans des actifs spéculatifs comme le Bitcoin. Et, comme le dit la sagesse populaire, « ce qui compte vraiment, ce n’est pas comment on tombe, mais comment on atterrit ». Le Bitcoin, pour l’instant, semble se diriger vers une chute brutale.
