Home Sciences et technologiesJWST découvre une planète rocheuse brûlée, 30 % plus grosse que la Terre

JWST découvre une planète rocheuse brûlée, 30 % plus grosse que la Terre

by Louis Girard - Tech
LHS 3844b, un monde rocheux et brûlant

Le télescope spatial James Webb a permis d’identifier la composition de la surface de l’exoplanète LHS 3844b, située à 48 années-lumière. Ce monde rocheux, environ 30 % plus grand que la Terre, présente une surface sombre et brûlante, potentiellement composée de basalte, offrant un aperçu inédit de la géologie des planètes extrasolaires.

LHS 3844b, un monde rocheux et brûlant

LHS 3844b, un monde rocheux et brûlant
cluster (priority): KSMU Radio
L’exoplanète LHS 3844b, également désignée sous le nom de Kua’kua, représente une avancée majeure dans notre capacité à caractériser les mondes situés hors de notre système solaire. Découverte en 2018, cette planète orbite autour d’une naine rouge à une vitesse fulgurante, complétant un tour complet en seulement 11 heures. Sa proximité avec son étoile est extrême : elle se situe à seulement trois diamètres stellaires de son parent. Cette distance réduit les chances de présence d’une atmosphère, la radiation stellaire ayant probablement balayé tout gaz environnant pour ne laisser qu’un rocher stérile. En raison de ce verrouillage gravitationnel, une face de la planète est plongée dans une lumière constante tandis que l’autre reste dans l’obscurité éternelle. Sur le côté exposé, les températures atteignent le seuil de 1 000 Kelvin, soit plus de 1 300 degrés Fahrenheit.

L’éclipse secondaire pour décrypter la lumière

L'éclipse secondaire pour décrypter la lumière
cluster (priority): futurity.org
Puisque ces mondes sont trop lointains pour être observés directement comme les planètes de notre propre système, les astronomes doivent utiliser des méthodes indirectes. Selon les explications fournies par KSMU Radio, la méthode du transit, qui consiste à mesurer la baisse de lumière lorsqu’une planète passe devant son étoile, est la plus courante pour déterminer la taille des objets. Cependant, pour comprendre la nature même de la surface, les chercheurs ont dû recourir à la technique de l’éclipse secondaire. En utilisant l’instrument MIRI (Mid-Infrared Instrument) du James Webb, l’équipe a cartographié la lumière émise par la planète elle-même juste avant qu’elle ne disparaisse derrière son étoile. Cette approche permet d’obtenir un spectre, une sorte d’empreinte digitale lumineuse. Chaque élément chimique absorbe ou émet des longueurs d’onde spécifiques, permettant ainsi de déduire la composition chimique de l’objet observé.

Des indices de basalte et d’activité volcanique

Les données recueillies suggèrent que la surface de Kua’kua pourrait ressembler au basalte terrestre ou lunaire, une roche ignée formée par le refroidissement rapide de la lave riche en magnésium et en fer. Les analyses indiquent même que sa composition pourrait être plus proche du manteau terrestre que de la croûte superficielle de notre planète. Cette découverte ouvre deux scénarios scientifiques. Soit la planète est constituée de plaques rocheuses récemment formées, ce qui impliquerait une activité géologique intense, peut-être volcanique. Soit elle possède une structure interne très différente de celle de la Terre.

« Cette technique peut nous dire comment les roches de cette planète se sont formées et quels processus l’ont façonnée tout au long de sa vie.

CHOQUANT ! James Webb découvre une planète avec 99,7 % de chance de vie | Documentaire spatial
L’étude, menée par Sebastian Zieba du Harvard/Smithsonian Center for Astrophysics et sous la direction de Laura Kreidberg de l’Institut Max Planck pour l’astrophysique, souligne l’importance de ces données pour affiner la recherche de mondes potentiellement habitables. En comprenant les processus qui façonnent ces planètes rocheuses, les scientifiques peuvent mieux identifier les conditions nécessaires à l’apparition de la vie.

L’ambition du Habitable Worlds Observatory

Si l’étude de LHS 3844b nous renseigne sur les mondes arides, la question ultime demeure : la présence de molécules chimiques est-elle un signe de vie ? Les experts de The Planetary Society rappellent la prudence nécessaire dans l’interprétation des signaux chimiques.

« Vous savez qu’il y a aussi du méthane sur Neptune, mais cela ne signifie pas qu’il y a des vaches là-bas, n’est-ce pas ?

L'ambition du Habitable Worlds Observatory
cluster (priority): The Planetary Society
Pour dépasser ces ambiguïtés, la communauté scientifique mise sur le futur Habitable Worlds Observatory (HWO). Cette mission est conçue pour cibler spécifiquement des planètes similaires à la Terre autour d’étoiles de type solaire. Bien que les estimations du nombre de ces “jumeaux terrestres” varient, l’espoir reste immense. Pour Shkolnik, co-présidente de l’équipe scientifique de l’HWO, la mission est la voie la plus rapide pour trouver des preuves de vie.

« Je parie que nous aurons besoin de Habitable Worlds pour répondre réellement à la question : “Sommes-nous seuls dans l’Univers ?

En attendant le déploiement de nouveaux observatoires, chaque observation du James Webb continue de repousser les limites de notre connaissance, rappelant que dans l’immensité du cosmos, la réponse pourrait n’être qu’à une seule observation de distance.

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