Prince Harry et d’autres célébrités accusent le Daily Mail de pratiques illégales de collecte d’informations
Londres – Le prince Harry, accompagné d’un groupe de personnalités britanniques de premier plan, a lancé une action en justice contre Associated Newspapers Ltd, la société éditrice du Daily Mail et du Mail on Sunday, les accusant d’avoir eu recours à des méthodes illégales de collecte d’informations pendant près de trois décennies. L’affaire, qui s’est ouverte lundi devant la Haute Cour de Londres, pourrait coûter jusqu’à 38 millions de livres sterling (environ 45 millions de dollars américains) et représente la dernière bataille juridique du prince Harry contre la presse britannique.
Outre le duc de Sussex, les plaignants incluent la militante Doreen Lawrence, mère de Stephen Lawrence, assassiné dans un crime raciste en 1993, l’icône de la musique Sir Elton John et son mari David Furnish, les actrices Elizabeth Hurley et Sadie Frost, ainsi que l’ancien député libéral-démocrate Simon Hughes. Plusieurs d’entre eux étaient présents au tribunal pour le début du procès.
Les avocats des plaignants affirment que le Daily Mail et le Mail on Sunday ont systématiquement utilisé des pratiques illégales, notamment l’interception illégale de messages vocaux, l’écoute clandestine d’appels téléphoniques fixes et l’obtention frauduleuse d’informations privées telles que les factures téléphoniques détaillées et les dossiers médicaux, une pratique connue sous le nom de “blagging”.
Le prince Harry a témoigné par écrit que l’intrusion constante dans sa vie avait été “terrifiante” pour ses proches et avait créé une “énorme tension” dans ses relations personnelles, le laissant “paranoïaque au-delà de toute croyance” et “isolé”.
L’avocat des plaignants, David Sherborne, a déclaré au tribunal que le groupe de presse avait “des squelettes dans son placard” et qu’il démontrerait une “utilisation claire, systématique et soutenue de la collecte illégale d’informations” impliquant des journalistes et des cadres supérieurs de tous les services rédactionnels pendant deux décennies. Il a également souligné que la société avait mené une enquête interne sur le piratage téléphonique entre 2003 et 2005, suggérant qu’elle était consciente de ses propres pratiques illégales.
Associated Newspapers nie toute faute et qualifie les allégations de “ludiques” et de “prépostères”. Ses avocats soutiennent que l’action en justice est le résultat d’une “stratégie coordonnée” visant à “recruter et à rassembler” des plaignants de premier plan. Ils affirment que les preuves de piratage téléphonique et d’écoute clandestine sont “purement inférentielles” et basées sur des “suppositions” et une “sélection artificielle de preuves”.
Le procès devrait durer jusqu’à dix semaines. L’affaire intervient dans un contexte de surveillance accrue des pratiques de la presse britannique, suite au scandale du piratage téléphonique qui a éclaté en 2011 et qui a conduit à la fermeture du News of the World. Le scandale a conduit à l’enquête Leveson sur l’éthique de la presse, qui a révélé une culture généralisée de pratiques illégales et contraires à l’éthique au sein de la presse britannique.
L’impact de ce procès pourrait être significatif, non seulement pour les plaignants, mais aussi pour l’avenir de la presse britannique. Une victoire pour les plaignants pourrait entraîner des changements importants dans les pratiques journalistiques et une plus grande responsabilisation des médias.
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Le procès est suivi de près par les défenseurs de la liberté de la presse et les organisations de protection de la vie privée, qui estiment qu’il pourrait avoir des implications importantes pour l’équilibre entre le droit du public à l’information et le droit des individus à la vie privée.
