Israël exprime son mécontentement face à la composition du comité de reconstruction de Gaza annoncé par Washington
GAZA – Le gouvernement israélien a exprimé publiquement son désaccord avec l’annonce de la Maison Blanche concernant la composition d’un comité chargé de superviser les prochaines étapes de la reconstruction de Gaza, une rare critique à l’égard de son allié américain. L’annonce intervient alors que la région tente de consolider un cessez-le-feu fragile et de répondre aux besoins humanitaires urgents de la population gazaouie.
Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré samedi que le comité exécutif pour Gaza, révélé la veille, n’avait pas été coordonné avec Israël et contredisait sa politique. Dans un communiqué, il a précisé que Netanyahu avait demandé à son ministre des Affaires étrangères de contacter le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, pour exprimer ses préoccupations.
Cette désapprobation a été rapidement soutenue par Itamar Ben-Gvir, le ministre de la Sécurité nationale d’extrême droite, qui a exhorté Netanyahu à ordonner à l’armée de se préparer à reprendre les hostilités.
La Maison Blanche a dévoilé une liste de personnalités qui participeront au comité, qui comprend des figures influentes telles que l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, l’envoyé spécial américain pour Gaza, Steve Witkoff, et le PDG d’Apollo Global Management, Marc Rowan. Le sénateur américain Marco Rubio et Jared Kushner, gendre de l’ancien président Donald Trump, font également partie du groupe. Un homme d’affaires israélien est également inclus, mais aucun représentant officiel du gouvernement israélien ne figure dans la liste initiale.
Trump lie l’accès au “Conseil de la Paix” à des contributions financières massives
L’initiative s’inscrit dans le cadre d’une vision plus large, un “Conseil de la Paix” dirigé par Donald Trump, dont la composition n’a pas encore été révélée. Un responsable américain a confirmé à CBS News un rapport de Bloomberg selon lequel Trump exigerait des pays souhaitant obtenir un siège permanent au sein de ce conseil une contribution d’un milliard de dollars. Les pays qui ne seraient pas disposés à verser cette somme se verraient accorder un mandat de seulement trois ans.
Selon le responsable, les fonds collectés seront intégralement consacrés à la reconstruction de Gaza, sans “salaires exorbitants” ni “gonflement administratif”.
Parallèlement, la Maison Blanche a annoncé la formation d’un nouveau comité palestinien chargé de gérer les affaires quotidiennes de Gaza, sous la supervision du comité exécutif.
Plusieurs dirigeants mondiaux ont été invités à rejoindre le “Conseil de la Paix”. Le Premier ministre canadien Justin Trudeau envisagerait d’accepter l’invitation, selon un conseiller gouvernemental canadien. L’Égypte et la Turquie examinent également les invitations de Trump, leurs présidents respectifs, Abdel Fattah al-Sisi et Tayyip Erdogan, ayant reçu des lettres du président américain.
Réactions mitigées des acteurs palestiniens
La composition du comité exécutif a suscité des réactions mitigées. Le Jihad islamique palestinien, le deuxième groupe militant le plus important de Gaza après le Hamas, a exprimé son insatisfaction, estimant que le comité reflétait les “spécifications” israéliennes.
Witkoff a annoncé plus tôt cette semaine que les États-Unis entraient dans une “seconde phase” du plan de paix pour Gaza, qui comprend le nouveau comité palestinien, le déploiement d’une force de sécurité internationale, le désarmement du Hamas et la reconstruction du territoire dévasté par la guerre. Il a également souligné l’importance pour le Hamas de restituer les restes du dernier otage décédé encore détenu à Gaza, avertissant de “conséquences graves” en cas d’échec.
Le cessez-le-feu, entré en vigueur le 10 octobre, a débuté par une phase axée sur la libération des otages restants en échange de la libération de centaines de détenus palestiniens, ainsi qu’une augmentation de l’aide humanitaire et un retrait partiel des forces israéliennes de Gaza.
L’initiative américaine, bien qu’ambitieuse, se heurte à des obstacles importants, notamment le mécontentement israélien et les réserves des acteurs palestiniens, ainsi que les conditions financières imposées par Trump pour l’accès au “Conseil de la Paix”. La réussite de cette entreprise dépendra de la capacité des États-Unis à apaiser les préoccupations de toutes les parties prenantes et à garantir un engagement financier suffisant pour la reconstruction de Gaza.
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