Cotacachi, Équateur : La « Capitale du Cuir » appelle au dialog face à des grèves prolongées et des pertes économiques massives
Cotacachi, dans la province d’Imbabura, Équateur, est au cœur d’une crise économique majeure suite à 18 jours de grèves nationales. Les manifestations, déclenchées par la suppression de la subvention au diesel par le gouvernement, ont paralysé le canton et la province, laissant des séquelles profondes sur l’économie locale.
le 9 octobre marque le 18ème jour de ces arrêts de travail à l’échelle nationale, totalisant 432 heures de protestations sans signe d’accord imminent. Dans un contexte de silence gouvernemental, les représentants de Cotacachi, surnommée la « Capitale du cuir », ont lancé un appel urgent à une trêve et à l’ouverture d’un dialogue avec l’Exécutif.
Des représentants de divers secteurs, notamment les communautés indigènes via l’ONURCAC (Fédération de quartiers) et les syndicats productifs, se sont réunis au Musée des Cultures de Cotacachi pour formuler cette demande. Ils insistent sur la nécessité d’une table de dialogue pour trouver une solution à la crise.
Les pertes économiques sont considérables. Ramiro Yépez, président de la société des artisans, estime les dégâts à plus de trois millions de dollars. Martha Tuquerres, présidente d’Unorcac, a confirmé que le canton a déjà envoyé une lettre officielle au gouvernement pour solliciter l’établissement d’un dialogue constructif.
Contexte et enjeux des grèves en Équateur :
Les grèves actuelles s’inscrivent dans un contexte de tensions sociales et économiques persistantes en Équateur. La suppression des subventions au carburant, bien que présentée comme une mesure nécessaire pour assainir les finances publiques, a exacerbé les difficultés des populations les plus vulnérables et des secteurs économiques dépendants du transport et de la production.
Les manifestations reflètent également un mécontentement plus large à l’égard des politiques économiques du gouvernement et de son manque de dialogue avec les organisations sociales. La province d’Imbabura, et en particulier Cotacachi, est particulièrement touchée en raison de son économie basée sur l’artisanat du cuir et l’agriculture, secteurs fortement impactés par les blocages routiers et les perturbations de l’approvisionnement.
L’issue de cette crise dépendra de la volonté du gouvernement de répondre aux demandes des manifestants et d’engager un dialogue sincère pour trouver des solutions durables aux problèmes économiques et sociaux du pays. La situation à Cotacachi, avec ses pertes économiques massives, illustre l’urgence de trouver une issue à cette impasse.
