Suisse : Les sociaux-démocrates préparent un référendum choc sur les primes d’assurance maladie
genève, Suisse – Le Parti Social-Démocrate (SP) suisse prépare activement le lancement d’un référendum d’envergure visant à réformer radicalement le système d’assurance maladie, a annoncé son président Roger Meyer. La proposition, baptisée “Raisés premium pour le renforcement du pouvoir d’achat”, vise à soulager financièrement les ménages suisses face à la hausse constante des primes.
L’initiative phare du SP est l’abolition du “bonus de tête”, une contribution fixe à l’assurance maladie jugée injuste par la gauche. En lieu et place, le parti propose un système de primes basées sur les revenus, où les 85% de la population les moins bien rémunérés verraient leurs primes réduites, financées par une contribution accrue des 15% les plus riches.
“Le nombre de personnes dans ce pays qui ont du mal à payer leurs primes est alarmant, il est urgent d’avoir une solution”, a déclaré Meyer. Le parti envisage de plafonner les contributions des hauts revenus, par exemple à 3 000 CHF par mois pour un cadre comme Sergio Ermotti, PDG d’UBS. Une mesure supplémentaire prévoit l’exonération totale de primes pour les enfants et les adolescents.
Un système d’assurance maladie suisse en bref :
le système d’assurance maladie suisse est obligatoire et basé sur un modèle d’assurance de base. Chaque résident doit souscrire une assurance maladie auprès d’une compagnie privée agréée. Les primes varient en fonction de l’âge, du lieu de résidence et du modèle d’assurance choisi (franchise, réseau de médecins, etc.). Le système est critiqué pour son coût élevé et son manque d’équité, avec des primes qui pèsent lourdement sur le budget des ménages à faibles et moyens revenus.
Le fonds unitaire toujours à l’étude :
Parallèlement à cette initiative, le SP n’abandonne pas l’idée d’un fonds unitaire, une sorte de caisse nationale d’assurance maladie. Un référendum sur la couverture des primes avait échoué l’année dernière, mais Meyer a annoncé la préparation d’une nouvelle initiative, prévue pour début 2025. Il souligne la nécessité de former une “large alliance” pour mener à bien ce projet.
Cette offensive du SP intervient dans un contexte de forte pression sur les cantons suisses, confrontés à des demandes croissantes de soutien financier pour les ménages les plus vulnérables. La réforme proposée par le SP pourrait donc avoir des répercussions significatives sur l’ensemble du système de santé suisse et sur les finances publiques. Le débat promet d’être animé lors du prochain congrès du parti fin octobre.
