Australie : L’ancien chef climat des Nations Unies appelle à des objectifs ambitieux, mais réalistes de réduction des émissions
Canberra, Australie – L’Australie doit se fixer des objectifs de réduction des émissions ambitieux, mais surtout réalisables, a averti l’ancien chef climat des Nations Unies, Frank Jotzo, dans une déclaration qui intervient alors que le gouvernement australien évalue ses prochaines étapes en matière de politique climatique.
jotzo a souligné que même un objectif de réduction des émissions dans les années 60 serait un défi de taille, insistant sur l’importance de politiques concrètes plutôt que sur la simple fixation de chiffres. Il a mis en garde contre le risque de se fixer des objectifs irréalistes,soulignant que les progrès de l’Australie en matière de réduction des émissions ont été lents jusqu’à présent.
Pour atteindre une réduction de 65% des émissions, l’Australie devrait diviser ses niveaux de pollution actuels par deux en seulement dix ans. Une telle transformation, bien que possible, nécessiterait des changements substantiels et rapides dans les secteurs clés où les émissions sont en augmentation : l’industrie, le transport et l’agriculture. Des progrès plus rapides que ceux actuellement observés dans le secteur de l’électricité seraient également indispensables.”Tout objectif adopté doit s’accompagner d’un plan de mise en œuvre clair et crédible”, a déclaré Jotzo, insistant sur la nécessité d’une approche pragmatique.
L’ancien responsable de l’ONU a exprimé son soutien à la proposition du ministre australien du Changement climatique, Chris Bowen, d’établir une fourchette d’objectifs plutôt qu’un seul chiffre fixe. Cette approche permettrait une plus grande flexibilité et une meilleure adaptation aux circonstances changeantes.
contexte et perspectives d’avenir :
L’Australie,en tant que l’un des plus grands exportateurs de combustibles fossiles au monde,est confrontée à un défi particulier dans la transition vers une économie à faible émission de carbone. Le pays est également particulièrement vulnérable aux impacts du changement climatique, notamment les vagues de chaleur extrêmes, les sécheresses et les incendies de forêt.
Les engagements internationaux de l’Australie en matière de réduction des émissions sont sous le feu des critiques, de nombreux observateurs estimant qu’ils sont insuffisants pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, comme le prévoit l’Accord de Paris.
La pression s’intensifie sur le gouvernement australien pour qu’il adopte des politiques plus ambitieuses et efficaces afin de réduire les émissions et de protéger le pays contre les pires effets du changement climatique. L’appel de Frank Jotzo souligne la nécessité d’une approche équilibrée, combinant ambition et réalisme, pour assurer une transition juste et durable vers un avenir à faible émission de carbone.
