17 000 mineurs : Me Moussa Sarr veut renforcer leur réinsertion au Sénégal

Le ministre de la Justice du Sénégal, Me Moussa Sarr, a lancé un appel pour transformer la réinsertion des mineurs et jeunes majeurs vulnérables en un droit effectif. Intervenant lors d’un panel à Dakar, il a souligné que près de 17 000 mineurs sont confiés chaque année à la protection judiciaire, nécessitant des solutions concrètes pour éviter le retour à la rue.

Le défi de l’après-centre et la transition vers l’emploi

Chaque année, la Direction générale de la Protection judiciaire et sociale prend en charge environ 17 000 mineurs, qu’il s’agisse de victimes, de témoins, d’enfants en danger ou de jeunes en conflit avec la loi. Pour ces publics, la réponse publique ne peut se limiter à la sanction ou à un hébergement temporaire.

Les résultats de l’année 2025 témoignent pourtant d’un réel savoir-faire éducatif. Plus de 412 pensionnaires des centres ont validé des examens professionnels dans des secteurs variés comme la menuiserie, la coiffure, l’électricité, la restauration, la tapisserie ainsi que le froid et la climatisation.

17 000 mineurs : Me Moussa Sarr veut renforcer leur réinsertion au Sénégal
Photo : APAnews

Mais sitôt les portes du centre franchies, le vide s’installe souvent. Sans stage, sans premier contrat ni capital initial, les efforts d’éducation risquent de s’effondrer face aux réalités économiques.

Le Fonds de réinsertion comme passerelle vers l’autonomie

Pour combler ce fossé entre la formation et l’intégration professionnelle, le gouvernement s’appuie sur le dispositif créé par le décret n° 2024-792 du 26 mars 2024, qui modifie l’organisation du ministère de la Justice et institue le Fonds de réinsertion des mineurs et jeunes majeurs en situation de vulnérabilité.

Ce mécanisme vise à doter la Direction générale de la Protection judiciaire et sociale d’un outil financier pour soutenir les projets portés par les jeunes eux-mêmes. Il s’agit d’offrir une transition tangible vers l’autonomie socioprofessionnelle, constituant un rempart direct contre la précarité, la rue et la récidive.

17 000 mineurs : Me Moussa Sarr veut renforcer leur réinsertion au Sénégal
Photo : lesoleil.sn

La réinsertion n’est pas une faveur, c’est un droit. Un jeune passé par la protection judiciaire ne doit être ni une victime à vie, ni un délinquant à vie : c’est un talent qui n’a pas encore eu sa chance.

Me Moussa Sarr, ministre de la Justice, Garde des Sceaux, via Dakarposte

Une mobilisation collective réclamée par le ministère de la Justice

Le ministre a insisté sur le fait qu’un fonds financier, à lui seul, ne suffira pas à résoudre l’ensemble des difficultés. La réussite de cette politique exige une synergie nationale impliquant l’ensemble des forces vives du pays.

Les structures publiques sont ainsi invitées à accorder une attention prioritaire à ces jeunes à travers des quotas et des bourses d’études. De leur côté, les entreprises privées doivent s’ouvrir aux contrats de qualification et aux stages de première insertion. Enfin, les partenaires techniques et financiers nationaux et internationaux sont appelés à soutenir des schémas d’accompagnement innovants.

Cette volonté s’inscrit dans la lignée des orientations du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, qui a placé la protection de la jeunesse et l’inclusion sociale au cœur des priorités gouvernementales lors des récents conseils des ministres.

À lire aussi